‹ Recit historiques sur l'ancien pays de LiègeChapitre 23 sur 28 · LA MÂL SAU^T-JAGQUËS · texte numérisé non relu

LA MÂL SAU^T-JAGQUËS

OU

LES CHIEOUX ET LES GUIGNOUX.

Pendant près de deux cents ans, on avait observé

à Liège, dans les élections magistrales, le règlement promulgué en 1424 par Févêque Jean de Hinsberg. Ce règlement arrêtait la création de vingt-deux commissaires, dont six nommés par le prince, les seize autres par les paroisses. La veille de la Saint-Jacques, les vingt-deux commissaires choisissaient un homme dans chacun des trentedeux métiers ; ces trente-deux personnes s'assemblaient le lendemain à Thôtel de ville; elles y élisaient les magistrats à la pluralité des voix, après avoir juré de n'avoir rien reçu avant et de ne

rien espérer de qui que ce fût après Télection. Ces trente-deux électeurs n'étaient pas élig'ibles *.

Le prince Ernest de Bavière, voulant déraciner les abus qui s'étaient glissés dans rexécution du règrlement électoral de Hinsberg-, et mettre un terme aux intrigues qui assiég*eaient les trentedeux, dans rintervalle qui précédait rélection, publia, en 1603, une ordonnance qui la confiait directement aux métiers *. Cette ordonnance était en vigueur lorsque Ferdinand de Bavière parvint à la principauté, et cet évêque, dont les premiers actes furent tous d^un si mauvais augure pour les Liégeois, obtint» comme nous l'avons dit, de Tempereur Mathias, un mandement impérial qui abrogeait la forme électorale de 1603, enjoignait d'observer les statuts de llinsberg, et déclarait nulles les élections qui se feraient dè toute autre manière

Le mécontentement devint général : chaque jour, en effet, voyait naître quelques nouvelles

prétentions contraires aux libertés publiques : le prince réclamait le droit d'entrer dans les maisons des bourgeois sans le consentement des magistrats ; il faisait défense aux villes du pays de contracter entre elles aucune alliance dans le but de maintenir leurs franchises et leurs privilèges * :

• Lo> VREX, Recueil dei édiu, I, pp. 34-56.

• Id., pp. 59-69.

» Id.. pp. 70-7Î.

• Ces alliances des commîmes ont été assez fréquentes au pays

toutes ces choses, écrivait l'évêque à la chambre impériale^ portaient atteinte à la Pauline, et lui enlevaient la juridiction temporelle et spirituelle

qui lui avait été octroyée par cette bulle, célèbre dans notre histoire.

Les troubles qui signalèrent à différentes époques les journées électorales, la publication des cinquante-huit articles, l'invasion étrangère, au mépris de la neutralité du pays, les divisions sanglantes des Chiroux et des Grignoux, attestent combien fut orageux le règne de Ferdinand de Bavière.

Le meurtre de Sébastien La Buelle vint encore

ajouter à l'effervescence populaire. Enfin, après de longues négociations, la paix de TongreSj conclue en 1640, sembla devoir mettre un terme à ces dissensions; mais le remède ne fut que passager, et la paix fowrrêe, sobriquet sous lequel on la désigna, cessa bientôt d'être observée *.

de Liège, nous citerons entre autres le traité fait entre la cité et les autres villes, le 19 février U35.

' la paix de Tongres fut publiée le 4 juillet i640, et imprimée plusieurs fois la même année. — Voy. aussi ProtocoUe de la conférence, tenue en la ville de Tongres, entre les députés de S. A. S et ceux de la cité de Liège, l'an 1640. Liège, Ch. Ouwerx, ln-4*. — On trouve encore des détails fort curieux sur cette époque de troubles, dans un autre pamphlet qui parut en 1645, ilj-4% sous ce titre : Le portrait racourcy des factions y par tialitez, injustices, persécutions et barbaries rpii se sont passées depuis dix ans dans l* Estât et la ville de Liège, au mépris du respect quHls doivent h la couronne de France et contre les droits de la neutralité, 11 a paru la même axmée une réfutation de cet

Cette paix ne consacrait, en effet, que le triomphe d'un parti ; révêque, en se faisant maladroitement

rhomme de ce parti, en affichant pour les Chiroux une odieuse partialité, devait hâter le réveil de la faction opposée; la mine chargée n'attendait plus qu'une étincelle; les élections de 164^ hàtèr^t l'explosion.

Le 24 juillet de cette année, une grande agitation se manifesta dans la cité ; le bruit s'était répandu que les magistrats sortants avaient introduit des troupes espagnoles dans rhôtel de ville, afin d'assurer les élections du lendemain dans le sens du parti des Chiroux. Quelques mesures prises par les bourgmestres d'Ans et Blisia, les chefs avoués de la faction des Chiroux, donnaient en effet lieu de croire que ce bruit était fondé. Les Gngnoux, dont le candidat était le colonel Jamar, ne man* quèrent pas de l'exploiter dans l'intérêt de celui qu'ils portaient à la magristrature : ils parcoururent les différents quartiers de la ville et surtout celui d'Outre-Meuse où l'opinion leur était trèsfavorable; ils y haranguèrent la populace, lui donnant à entendre que les partisans du prince préparaient quelque coup d'État contre les libertés et les privilégies de la cité... // Craignez, disaientils, craig-nez ceux qui ont fait couler le sang de vos défenseurs les plus ardents!... N'avez-vous plus souvenance de l'édit du 3 mars 1633?... » Le

opuscule, intitulé : le Jugement et cenêurc du portrait raccourcy de La Roque. Liège, in-io.

peuple répondit par des imprécations terribles : // Vive Jamar! « hurlèrent des milliers de voix. Ces clameurs étaient le prolog'ue du drame sangrlant qui devait 8e jouer le lendemain.

En effet, sur différents points ^ apparurent presque avec Taurore des rassemblements nombreux; dès cinq heures du matin, une foule immense encombrait les avenues du marché^ où régnait une sourde rumeur interrompue de temps en temps par les cris : Aux armes, mort aux éU'angers! Vers sept heures, le bourgfmestre Blisia, voyant que le nombre des mécontents s'accroissait toiyours, s'avança vers la foule, escorté de quelques Gh^oux déterminés : « Au nom du conseil de la cité, s'écria-t-il, bourgeois, retournez dans vos logîs!... nul n'a le droit de venir ici eu armes; rappelez-vous les ordonnances publiées hier!... Dois-je vous relire l'édit de notre prince bien-aimé, décrétant la peine capitale contre tous ceux que Ton trouvera armés, de nuit ou de jour, dans les rues de la cité?... D'horribles menaces accueillirent ces imprudentes paroles : A bas V infâme édii du â mars; vocifère le peuple, à bas le CÂiroux, airquAusonè le IraUrel.., et des mousquetons sont dirigés contre le bourgmestre. Celui-ci reconnaissant le dang'er qu'il court, élève de nouveau la voix et offre de laisser visiter l'hôtel de ville par ceux que la foule désignera. Quelques bourgeois y sont en effet introduits, mais c'est en vain qu'ils veulent faire part au peuple du résultat infructueux de leurs recherches : le colonel Jamar,

entouré d'un grand nombre de ses partisans, venait d'arriver sur le marché, aux acclamations de la multitude... Le tumulte est à son comble ; des détonations d'armes à feu commencent à se faire entendre çà et là^ des menaces fùribondes se croisent dans les rues, et le peuple montre assez^ par son attitude, qu'il ne faut plus songer à parlementer.

Cependant, on avait commencé les opérations électorales; les trente-deux métiers tétaient rémû 9ur leurs chambres, comme on disait alors. Les commissaires informés du tumulte, et prévoyant que la journée ne se passerait pas sans quelques troubles, envoyèrent demander s'il ne serait pas prudent de surseoir à l'élection ; le conseil ordonna de continuer.

Les trente-deux électeurs choisis par les trentedeux métiers s'avancèrent alors vers l'hôtel de ville ; une multitude innombrable continuait d'en obstruer les avenues et les empêche d'y pénétrer : " Au couvent des mineurs, s'écrie la foule, ailes au couvent des mineurs, là, du moins, vous serez libres et à l'abri des violences qu'on a méditées contre vous!. n Un commissaire, qui s'obstine à vouloir entrer, est blessé d'un coup de pistolet ^ Les trente-deux, frappés de l'extrême irritation du peuple, prennent alors le parti de céder, et se dirig'ent vers le couvent des mineurs. Après y avoir consacré près de trois beures aux opérations

' FovLLOH, III, p. s 14.

voulues par les ordonnances, ils élurent bourg*mestres les sieurs Liverloz et Janiar, et décidèrent en même temps que la publication de Télection se ferait à rhôtel de ville avec toutes les formalités requises.

Pendant que ceci se passait au couvent des mineurs, les tambours et les volées des cloches en branle retentissaient par ordre du conseil dans les quartiers de Tlle et de Saint-Séverin * ; le bourgmestre d'Ans parcourait les rues en s'écriant que des mutins faisaient violence aux trente-deux et qu'il fallait les délivrer. Il parvient ainsi à rassembler une centaine de Chiroux dévoués et bien armés^ au moyen desquels il dégage Thôtel de ville et refoule les Grignoux jusque près des mineurs : mais ceux-ci, se retranchant alors dans les maisons qui avoisinaient le couvent, obligent le bourgmestre à se retirer.

Le conseil de la cite apprenait au même moment le résultat de l'élection faite par les trente^eux ; il protesta sur-le-champ et déclara qu'il ne reconnaîtrait d'élection valable que celle qui se ferait à rhôtel de ville Ordre est donné d'y amener les trente-deux par la force, et d'Ans est chargé de l'exécution de cette mesure. Celui-ci attaque de nouveau les Grignoux avec la plus g*rande bravoure, les repousse jusque Hors-Ghàteau, pénètre

1 Ëecez du comeU de la cité, 25 jaillet 1646. — Foollon, III, p. 215.

' Autre recez du 25 juillet 1646.

daus le couvent des mineurs et y trouve les trentedeux encore assemblés ; peu s'en fallut même qu'il ne s'emparât du oolonel Jamar. La fùsillade reprit avec toeur des deux cfttés lorsque d'Ans sortit du oouvent; les Gri^noux qui s'étaient ralliés firent de vains efforts pour délivrer les trente-deux, le bourgmestre les amena tambour battant à rhètel de ville.

Les trentenleux alléguèrent en vain que Télection s'était faite librement; on ne voulut pas les croire et on les força de recommencer Quatre candidats furent mis en avant, Jamar, Liverloz, Rossius et notre grand jurisconsulte Charles de Méan. Le syndic de la dté récusa la candidature de Jamar pour trois motife : parce qu'il n'avait pas trente-cinq ans; parce qu'il n'était pas bourg*eois a forain; enfin, parce qu'il venait de se rendre coupable de sédition en prenant part à une émeute, peut-être môme en l'excitant. Les commissaires adhérèrent à ces conclusions et désignèrent les trois autres comme seuls capables de prétendre aux honneurs de la magistrature. Charles de Méan et Liverloz furent élus, publiéê au perron de l'hôtel de ville, et, selon la coutume, conduits à l'église de Saint-Jacques^ pour y prêter serment sur les chartes de la commune que l'on y conservait dans de g'rands coffres à triple serrure. La journée du 25 se termina sans autres accidents, mais la lutte menaçait de continuer plus ardente le lendemain. Pendant la nuit, de grands feux furent allumés cà et là; les bour-

* FoiiLLON, m, p. 216.

g-eois paisibles (lui avaitMit as.sisti' aux .sang'lautes journées des auiiées précédentes, et qui savaient que nul Irein n'est capable de contenir la populace une fois déchaînée, se hâtèrent de mettre en sûreté leurs objets les plus précieux.

Le pont de pierre, construit sous Ilinsber^'-, avait été récemment, emporté par les eaux \ Pour faciliter les communications^ on avait provisoirement établi sur la Meuse un pont de bateaux. Jamar, comprenant l'importance de cette position, y fait placer quelques canons; il envoie en même temps des émissaires aux habitants de Jupille, de Eléron, de Chenée et des villagres voisins, et les engagre à venir le joindre sur-le-champ, afin d'appuyer son élection.

Après avoir ainsi pris les mesures propres à aug*menter la force numéri([ne de ses partisans, Jamar songe aux moyens de doubler leur énergie morale et d'exciter de plus en plus leur animosité : l'un des Grignoux les plus exaltés, le jeune Dujardîn, et quelques-uns de ceux auxquels il commandait, avaient été blessés et faits prisonniers à l'attaque du couvent des mineurs ; le conseil de la cité venait d'ordonner que les échevins procédassent immédiatement contre eux, comme coupables dé sédition. Jamar l'apprend et fait répandre le bruit que les éclievins ont décidé que tous les prisonniers seraient pendus le lendemain *; ces nouvelles

t Ed 1648.

* FouLLOX» ni» p. 217.

sinistres sont avidement accueillies par le peuple; personne ne les révoque en doute; Texasperatiou devient alors de la fureur^ les prisonniers sont des frères à délivrer ou des martyrs à vengrer.

De son côté, le conseil de la cité se prépare à faire une vif^'oureuse résistance. Il pense aussi à mettre en état de défense le passage du pont de bateaux, mais il était déjà occupé par les Gri« g-noux. Le conseil expédie en outré des lettres aux ma^'-istrats des principaux villa^res de la Ilesbaye et du pays de Franchimont, afin qu'ils se hâtent d'amener quelques renforts; de son côté, le grrand doyen de Saint-Lambert eivjoint aux habitants de Fragnée de venir, comme ils y étaient obligréspar d'anciens statuts, g-arder les cloîtres de la cathédrale; mais ils refusèrent d'obéir, et faillirent assommer Técolâtre de Méan qui leur avait apporté les ordres du grrand doyen

La nuit du 25 au 26 se passa de part et d'autre dans ces préparatifs. Un calme profond, interrompu seulement de temps fi autre par des détonations d'armes à feu, ^joutait encore à Tanxiété généthle, car tous pouvaient prévoir qu'il était le précurseur de Tune des journées les plus orageuses que Liég'e eût encore vues dans ses murs!...

Dès quatre heures du matin, des milliers d'hommes commencèrent à s'agiter dans le populeux quartier d'Outre-Meuse; le tambour retentissait du côté de Jupille, de Beyne, de Fléron, et annon-

» FotLLO.x, III, p. 217.

^.d by Googl

çait la venue prochaine de nouveaux combattants» En effet, vers les six heures, on vit arriver des rangs épais d^ommes aux bras nus, aux mains

calleuses, aux yeux étincelants, la plupart armés de pioches et de faucilles. Les paysans de Jupille étaient conduits par les Bex^ parents du colonel Jamar; cette famille puissante s'était constam* ment distingruée par son opposition à l'évêque Ferdinand, et Tun de ses membres les plus influents, l'ex-bourg-mestre Bex, avait été contraint de se retirer à ]\Iaestrrcht depuis les événements de l'an 1640 et la publication de la paix fourrée.

Parmi les partisans de Jamar, on distingruait ■une troupe d^élite, peu nombreuse, mais toute composée d'hommes fortement trempés par le malheur ; bien des revers se lisaient sur leurs visages sombres et déterminés; c'étaient les patriotes qui avaient dû s'expatrier après la conclusion de la paix fourrée f et qui avaient cherché un asile sur le territoire des états g-énéraux, aux portes mêmes de Liège. Tous étaient d'anciens amis de Beeckman et de La Kuelie, qui avaient juré de maintenir les privilèges de la cité, et ce serment, ils venaient encore une fois le cimenter de leur sang

Des bouchers, des pêcheurs, des portefaix, des tanneurs, un grand nombre d'hommes de métiers, formaient le restant de la troupe du colonel.

Avant d'en venir aux mains, Jamar résolut de tenter un dernier moyen de conciliation; il députe

FOULLON, lU, p. 218.

vers le conseil de la cité deux pères récoUets, chargés de demander qu'on procède à une nonvelle élection faite librement, et d'informer les Chiroux qu'à cette condition, il est prêt à déposer les armes. Cette proposition est rejetée : la candidatui'e de Jamar, disent quelques membres du conseil, a été récusée la veille, et Ton ne peut, •sans établir un précédent fort dangereux pour l'avenir, recommencer une élection terminée... // Qui serait assez lâche, s'écrie d'Ans furieux, pour traiter avec ces chiens de Grignoux? C'est du sangr qu'il nous faut, c'est le sang de leurs femmes et de leurs enfants; je veux y plonger mon bras jusqu'au coude M... »

Cette réponse du bourg'mestre se répand avec la rapidité de l'éclair et vient accroître la fureur des Grignoux; ils s'ébranlent aussitôt, traversent la Meuse et s'avancent en masses serrées vers l'hôtel de ville. Une partie des Chiroux, ayant d'Ans à leur tête, s'étaient postés devant le couvent des mineurs, d'où leurs canons balavaient la rue du Pont. Les autres occupaient des barricades qu'on avait élevées pendant la nuit, pour défendre les approches de la Violette. Les Grignoux se consument en efforts impuissants pour les déloger de ces formidables positions. Jamar ordonne alors aux siens de pénétrer dans les maisons, d'en abattre les murs à l'intérieur, et de se frayer ainsi jusqu'à la place du Marché, une route sûre et peu dange-

* FouLLON, m, p. 218.

reuse *. Ce moyen réussît complètement. Après • cinq lieuros crime lutte acharnée, les Grignoux débouchent enfin sur le marché eu poussant d'affreuses clameurs : Thôtel de ville et les maisons qui Tavoisinent sont ébranlés par le bruit de la mousqueterie ! On pénètre dans la Violette aux cris de : Vive Ja?itar, mort aux ChironxL,, Ceux qui échappent au fer des Grig^noux se retirent en désordre dans Tintérieur même de la cathédrale, certains que dans un pareil moment, Timmunité des cloîtres et des degrrés de Saint-Lambert ne sera pas respectée. D'Ans, qui jusqu'alors avait résisté avec la plus ^-rande bravoure, se replie en bon ordre vers le palais du prince.

Les Ghiroux, réfùgiés dans Téglise, comprirent bientôt que toute résistance était inutile ; ils arborèrent un drapeau blanc et demandèrent à parlementer ' : une trêve de quelques heures fut conclue. Il n'y avait qu'un moyen d'empêcher toute nouyelle efîusion de sang; Charles de Méan le comprit, et ce grand citoyen, étranger aux factions qui déchiraient son malheureux pays, s'empressa d'abdiquer une dig'nité qu'il n'ambitionnait point, et qu'il n'avait acceptée qu'à regret

1 FODLtiOH, m, p. tl9.

' Ii>«, p. ftO.

* L'ii^diffirwJt et vrai lAêgtciê , tur U eouri de» a/faireê et calomnies moderne» {Liège, 1646) , in-4» de H pages; pemplilet trèe-carienx et (l*iue grande rareté» composé par un écrtrajn appartenant à la faction des Chironi.

L'archidiacre de Groisbeck, chancelier du prince, Liverloz et Jamar sig-nèrent une amnistie g*énérale que Ton vint à Tinstant publier au perron de la ville ; elle était conçue en ces termes :

a SUGHBUBS BOTIROEOIS,

// Au nom de Dieu^ la Vierge Marie et monsieur Saint-Lambert^ » B a été convenu :

« Que Ton publiera bourgrmestres de cette cité

pour la Saint-Jacques lOlO, les seig*neurs rrançois de Liverloz^ docteur ès droits^ et Eeuard Jamar, ex-colonel.

« Il est accordé par M. le chancelier et les bourgmestres une amnistie générale de part et

d'autre, pour tout ce qui s'est passé le jour de l'élection.

w II est enjoint à tous ceux qui ne résident pas dans la cité d'en sortir sur-le-champ ^ «

Le souvenir de toutes les déceptions qui avaient

suivi les promesses de Ferdinand, et des nombreuses exactions commises par ses partisans depuis les événements de 1640, la haine profonde des deux factions qtii divisaient la cité, tout conspirait à rendre la réaction sanglante j elle le fut en effet. Les Grignoux, dont le nombre s'était grossi

* L'Indifférent et vrai IMgetAe, etc., p. 94. — Trantlatio eathtdraUê eapUiU, et tribunuHwn ïeodienHum ad cppidum huente» 1648, in 4% p. 42.

de tous ceux qu'animait Vespoir du pillagre, entouraient le palais épiscopal où se trouvaient enfermés cinq à six cents paysans qui en avaient barricadé les portes; le canon les eut bientôt enfoncées. Alors ce fut un vandalisme affreux; ils parcoururent et dévastèrent les appartements du prince, déchirèrent les chartes et les archives des échevins et du conseil privé, brisèrent les ornements sacrés de la chapelle de révêque , puis ils allèrent piller les maisons des principaux Chiroux, Près de quatre cents personnes périrent^ dit-on, dans cette malheureuse journée que le peuple surnomma la Mal Saiul- Jacques ou la Samt-Grigmii^,

U MAL SMNT-GILLBS

Page 1