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après lui avoir rendu grâces de sa générosité, il lui demande s’il connaît la cabane d’un colon, bâtie près du lac de l’Oiseau.
« Sawanno la connaît très bien; il y a été plusieurs fois; et l'automne dernier il l’a trouvée encore habitée. En deux ou trois jours de marche, ajoute-t-il, nous pouvons y arriver. »
Quand Sawanno a eu fumé sa pipe, je lui ai donné un peu de tabac, ce dont il a été ravi, et nous nous sommes quittés avec toutes sortes de protestations d'amitié.
« Vous voyez, m'a dit Bernard, qu’ils ne trahissent point la vérité, ceux qui se plaisent à citer les naïves vertus des Indiens.
— Oui; dernièrement Passe-Partout nous a raconté un fait à peu près semblable à celui
‘dont je viens d’être témoin‘; mais je suis
charmé de pouvoir attester moi-même la générosité de ces pauvres gens, si souvent méconnue, et souvent outragée.
— Générosité d'autant plus notable, reprend Bernard, que Sawanno ne pourra peut-être pas de longtemps conquérir un pareil butin, et, pour apaiser nos besoins, il s'expose à souffrir lui-même de la faim.
— À Dieu ne plaise! j'aime à croire, au contraire, qu’il sera récompensé de sa piété filiale et de son humanité, Il paraît alerte et
1 Le trait qui fait l'objet de notre premier paragraphe.
fort, ainsi que me le disait son père, et il doit connaître les meilleurs terrains de chasse.
— Je l'espère, mais il est probable qu’en ce moment nous avons plus de soucis de lui qu'il n’en a lui-même. L'Indien est, de sa nature, l'être le plus facile à satisfaire, le plus content d’une heure propice, le plus oublieux du lendemain, le plus résigné à toute espèce d'infortune. Souvent cette résignation ressemble à une morne incurie, mais souvent aussi elle a un caractère touchant, et peut nous faire faire d’utiles réflexions. »
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« Non, non, s'écria Luttiko, j'ai juré de ne jamais boire une goutte do whiskey, »