‹ Récits américains [microforme]Chapitre 17 sur 25 · ER REPARER EP · texte numérisé non relu

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situé en dehors de la ville, en lui léguant près de quinze millions, il s’est complu à tracer en détail le plan de l’édifice que l’on devait construire, à établir les principales bases réglementaires de son institution. En premier lieu, il veut que les orphelins admis dans son collège y reçoivent une éducation essentiellement pratique. Quant aux langues classiques, il ne les considère pas comme un luxe superflu. Que si pourtant quelçues élèves montraient des dispositions particulières pour l'étude de ces idiomes qui ne sont d’aucun usage dans les affaires, il ne leur défend pas de s’y livrer. Mais, avant tout, il exige qu’on leur enseigne ce qui peut faire de bons négociants, des industriels, des agriculteurs.

En second lieu, il interdit formellement l'entrée de son collège d fout ecclésiastique, missionnaire ou ministre, de quelque culte que ce soit. « En formulant, dit-il, cette défense, je ne veux pas porter la moindre atteinte au caractère des prêtres. Mais, comme il y a parmi nous tant de doctrines religieuses différentes, je désire préserver les élèves de mon collège des excitations que pourraient produire sur eux ces divers enseignements. Je désire que leurs professeurs se bornent à leur enseigner les plus purs principes de morale, la charité envers leurs semblables, l'amour de la vérité, de la sobriété, de l’industrie, et

plus tard, dans la maturité de leur raison, que ces élèves choisissent eux-mêmes leur culte, »

Quoique notre chère France ne soit plus le religieux royaume des siècles passés, une telle loi y exciterait pourtant de généreuses répulsions, et il y a là, j'en suis sûr, une quantité de familles pauvres qui ne voudraient point confier leurs enfants à une institution interdite à l’enseignement religieux. En Amérique, l’excessive tolérance en matière de religion conduit aisément à l'indifférence. La prescription de Girard n’a pas éprouvé la moindre difficulté, et n’a peut-être excité aucune surprise,

Après sa mort, on s’est mis à construire son collège sur le plan qu’il avait indiqué, et on n’y épargna ni le marbre ni les ornements de luxe. Au milieu d’un immense enclos s’élève un édifice en marbre qui semble copié sur notre église de la Madeleine. Là sont les Salles d'étude, avec des tables en acajou et des pupitres recouverts en drap. Là est le salon des inspecteurs. Sous le portique s’élève une statue de Girard, devant laquelle le concierge qui me conduisait près du directeur s’est incliné comme devant un autel.

Tout l'escalier est en marbre, et tous les parquets sont couverts de tapis. De chaque côté de ce magnifique monument sont deux autres

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