‹ Récits d'un ménestrel de Reims au treizième siècleChapitre 10 sur 175 · PRÉFACE. XJ · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XJ

Si plusieurs de ces histoires rappellent la narration épique de l'antiquité, il en est d'autres au contraire qui descendent jusqu'au ton de la farce. Or ce mélange de ce que M. Victor Le Clerc appelle si bien « les grandes « et les petites scènes^ » paraîtra sans doute peu compatible avec le caractère d'une composition historique. Au contraire on y reconnaîtra sans peine un moyen de succès habilement calculé par un ménestrel qui, pour mieux captiver l'attention de ses auditeurs, devait tour à tour les émouvoir et les égayer. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait habituellement préféré la fiction à la vérité ^ dans des récits pathétiques ou plaisants dont le succès devait être assuré avant tout par le naturel du style et la vivacité du débit.

Faut-il en conclure que l'histoire n'a aucun profit à retirer d'un tel livre? Je ne le crois pas. Je n'irai pas jusqu'à dire avec M. Victor Le Clerc qu'on y trouve un tableau exact des opinions, des mœurs, de l'esprit du pays, au milieu du treizième siècle^ ; je dirai seulement qu'on y apprend quel était le genre de fictions et de satires par lesquelles un ménestrel pouvait plaire à certains auditeurs. Un autre passage du savant article que je ne me lasse pas de citer prouve que par V esprit du pays M. Le Clerc entendait « la pensée de la bour- « sreoisie d'alors sur les hommes et sur les choses ^ »

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