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transcrire les rubriques. Quant à celles qui ont été reproduites, elles sont en désaccord, pour ainsi dire constant, avec les rubriques de E, et n'offrent que des rapports encore bien incomplets avec celles de D.
De là, une difficulté qu'on croirait insoluble, et qui le serait en effet si l'on n'avait à sa disposition que les éléments dont je viens de montrer les contradictions tout à fait inconciliables; mais cette difficulté disparait dès qu'on jette les yeux sur les manuscrits de la première famille. En effet, comme il n'y existe aucune trace de chapitres ni de rubriques, on peut en conclure tout de suite que les uns et les autres n'existaient pas dans le texte original, et que les trois systèmes de division entre lesquels on eût été fort embarrassé de choisir, au lieu de se rattacher à la composition première de l'ouvrage, sont de véritables superfétations qui sont venues s'y ajouter après coup. Je dirais même qu'à défaut des manuscrits de la première famille, on aurait pu s'apercevoir, en y regardant de près, que le livre dont je m'occupe ne devait pas avoir de chapitres, parce que, suivant un usage dont les compositions du temps fournissent plus d'un exemple, le passage d'un sujet à un autre y est annoncé uniformément par une phrase qui fait partie intégrante du texte. Cette phrase, dont l'expression varie à peine, signifie au fond : « Maintenant, nous laisserons là tel sujet ou tel « personnage pour vous parler de tel autre. » Il est évident que l'auteur ne se serait pas condamné à répéter jusqu'à satiété une telle formule s'il eût songé à mettre dans son livre des titres de chapitres qui eussent pu en tenir lieu.
Une autre différence aussi facile à constater distingue entre elles les deux familles de manuscrits. C'est seulement dans les manuscrits de la première famille qu'on trouve un apologue où une chèvre menacée par un loup représente le personnage de Marguerite , comtesse de Flandre, en lutte avec son fils Jean d'Avesnes (§ 404 à 419). Ce morceau, assez étendu, qui a été publié dans le vingt-deuxième volume
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des HistoyHeyis de France , manque au chapitre cxix du manuscrit D, au chapitre xxviii du manuscrit E, ainsi qu'au chapitre li du manuscrit F. Mais s'il a disparu du texte de ces manuscrits, ce n'est pas, comme on pourrait le supposer, à la suite d'un de ces retranchements que certains copistes se permettaient pour abréger leur besogne ; c'est pour effacer toute trace du blâme qui s'y trouvait exprimé contre Jean d'Avesnes. Pour en acquérir la preuve, il suffit de se reporter quelques pages plus haut, au récit du procès intenté par les deux fils de Bouchard d'Avesnes à la comtesse Marguerite de Flandre, leur mère. Là encore, c'est un esprit tout différent qui a inspiré la rédaction des deux familles de manuscrits. Dès l'exposition du fait (§ 398), on voit poindre une divergence qui doit bientôt se prononcer davantage. La version de la première famille refuse à Bouchard d'Avesnes le titre de monseigneur, qu'elle accorde à Guillaume de Dampierre, tandis que l'autre version , sans se contenter de rétablir la balance entre les deux personnages, qualifie le premier de gentilhomme et de vaillant. Quand il s'agit de faire connaître le résultat du jugement (§ 399), la première version le présente comme tout à fait favorable aux enfants du second lit ; l'autre version au contraire constate qu'une part a été faite aux fils de Bouchard aussi bien qu'à ceux de Guillaume de Dampierre. Ce qui achève de séparer complètement les deux familles de manuscrits, c'est que le récit se termine là dans la seconde, tandis que la première y ajoute une conclusion où la mémoire de Bouchard d'Avesnes est ouvertement condamnée en même temps que la cause de ses fils. On le voit, l'apologue dans lequel Jean d'Avesnes, sous la figure allégorique d'un loup, persécute injustement sa mère, n'est pas un hors-d' œuvre ; c'est le développement naturel des sentiments défavorables qui se font jour à plusieurs reprises dans la version des manuscrits de la première famille. Réciproquement, ce n'est pas accidentellement que cet apologue a disparu des manuscrits de la seconde famille;