IJ PRÉFACE
dans son Histoire, puis dans sa Bibliothèque des Croisades, où il en a donné tout à la fois un résumé et des extraits assez étendus'. Il ne méritait donc pas que M. Louis Paris lui reprochât de n'avoir point assez lu cet ouvrage pour en apprécier l'importance ^ ; je crois au contraire que M. Michaud le connaissait assez pour avoir le droit d'en dire son avis. Ce qui est vrai, c'est qu'il ne l'a désigné par aucun titre spécial ; mais dans un recueil où il avait à citer tant de textes différents, il était assurément dispensé de suppléer par des conjectures au silence des manuscrits.
M. Paulin Paris n'a pas observé la même réserve dans son Romancero français ^ et on doit lui en savoir gré ; car tout en contestant à certains égards l'exactitude du titre proposé par lui et adopté par son frère, je déclare qu'il a eu parfaitement raison d'attacher de l'importance aux détails sur l'échevinage de Reims, sur les frais du sacre, sur les démêlés de l'archevêque Henri de Braine avec les bourgeois, et sur le procès de Thomas de Beaumetz avec l'abbé de Saint-Rémi. Personne sans doute ne refusera d'y voir, comme lui, autant de traits qui trahissent un auteur appartenant au diocèse, sinon à la ville de Reims. C'est là une observation tout à fait judicieuse, dont il était juste de tenir compte; mais il ne fallait peut-être pas aller jusqu'à en conclure que l'œuvre de ce rémois fût une
\. Hist. des Croisades, t. II, p. 531; Bibl. des Croisades, t. III, p. 339.