La Chronique de Rains, p. xiii. 3 P
PRÉFACE. iij
chronique de Reims. En effet, comme l'a dit un juge qui avait étudié de près la question, « des détails pris « dans un petit nombre de chapitres ne semblent pas a suffire pour caractériser tout un ouvrage. »
C'est bien le cas de rappeler que nous apercevons la paille dans l'œil de notre voisin, sans voir la poutre qui est dans le nôtre. M. de Smet, dont je viens de citer les propres expressions, et qui se montre si clairvoyant quand il s'agit de critiquer le titre proposé par M. Paulin Paris, ne s'aperçoit pas qu'il aggrave le mal au lieu d'y remédier, en effaçant le nom de la ville de Reims pour attacher l'étiquette de la Flandre sur un produit de l'esprit français. « Nous pensons, dit-il, que « le titre que nous avons choisi se justifie mieux par « l'ensemble de l'ouvrage ^ » Il est impossible d'être de meilleure foi dans l'erreur. Non-seulement ce n'est que dans un petit nombre de passages, et non dans l'ensemble de l'ouvrage que l'on rencontre des détails sur la Flandre, mais encore ces passages fournissent la preuve que l'auteur était étranger, sinon hostile, à ce pays. Il est vrai que M. de Smet a voulu arrondir son titre en associant les croisades à la Flandre ; mais pourquoi ne pas parler de la France, qui, à elle seule, occupe plus d'espace dans l'ouvrage que la Flandre et les croisades réunies ? Pourquoi ne pas parler non plus de l'Angleterre, qui disputerait presque le second rang aux croisades? Pourquoi enfin placer au premier rang la Flandre, qui n'arrive en réalité qu'à un