NOTICE. XXIX
avait avec lui bien peu de ses gens : « et avoit avoec lui « poi de sa gent. » La même pensée est développée dans la phrase suivante, qui est une des additions faites à la rédaction primitive dans l'intérêt du beau-frère de Jean d'Avesnes : « Car il estoit auques seus, et mal aferoit à si grant signour « com il estoit que sa gens ne li fust plus priés. »
J'arrive à d'autres défauts , qui ne sont pas moins saillants, mais qui ne sont plus communs aux trois manuscrits de la seconde famille. Je signalerai d'abord dans le manuscrit D une lacune considérable, qui porte sur le récit entier de la croisade de saint Louis (§ 367 à 397), et qui ne peut guère s'expliquer que par une suppression faite à dessein. Au contraire, il y a dans le manuscrit E une lacune qui doit être le résultat d'une omission involontaire : il s'agit d'un passage relatif à des aventures imaginaires qui seraient arrivées à l'évêque Milon de Beauvais, depuis son sacre jusqu'à sa mort (§ 184 à 195). Ce morceau, qui fait suite dans A B C D au récit du sacre de l'évêque, est placé dans F entre les paragraphes 338 et 339 , c'est-à-dire qu'il s'y trouve classé parmi les événements du règne de saint Louis, conformément à l'ordre chronologique. Mais l'accord des quatre autres manuscrits prouve que dans le texte primitif on avait préféré ne pas scinder ce qui concernait l'évêque de Beauvais. Il est donc probable que le copiste du manuscrit E avait sous les yeux un exemplaire où la transposition était indiquée par un renvoi, sans avoir encore été réalisée, et qu'ayant interrompu sa transcription au point marqué, avec l'intention de la reprendre plus loin , il aura oublié ensuite de revenir à la portion du récit qui fait suite au paragraphe 183 et de l'intercaler entre les paragraphes 338 et 339. Cette hypothèse est justifiée par cette circonstance qu'après le paragraphe 183, le texte du manuscrit E annonce qu'il sera question plus loin de l'évêque de Beauvais {chi vous lairons ester de l'evesque de Biauvais, car bien i re cernions), et que cependant le nom de ce prélat n'est plus