NOTICE. XXXV
C, plusieurs substantifs et plusieurs participes passés ont pour finales ei ou ey au lieu de é, notamment bontey (§ 47), citei (§52), feaultey (§292), costey (§ 131), grei (§270), celé y (§26), espousey (§ 30), amenei (§ 205). J'ai pu conclure de là que le Ménestrel de Reims avait écrit dans une langue semblable à celle du registre des Plaids.
Ce fait une fois établi, je me suis attaché à étudier la langue de ce registre, et j'ai consigné le résultat de cette étude dans un mémoii'e ^ où sont exposées en détail les règles d'après lesquelles a été établi le texte de cette édition. L'application de ces règles a eu pour conséquence de modifier l'orthographe du manuscrit A (que j'ai généralement suivi de préférence aux autres) lorsque cette orthographe s'est trouvée en désaccord avec ceUe du registre des Plaids. Mais quelques-unes de ces modifications ne sont pas justifiées seulement par l'orthographe dominante du registre ; la citation que je faisais tout à l'heure prouve qu'elles le sont aussi par certaines variantes du manuscrit. Par exemple j "étais doublement autorisé à remplacer par queis la forme ques existant au paragraphe 8 du manuscrit A, puisque je pouvais m'appuyer tout à la fois sur le registre des Plaids et sur la variante queis qui se rencontre dans le même manuscrit au paragraphe 38. Dans une édition paléographique il aurait faUu reproduire la variété des leçons du manuscrit, tandis que dans une édition critique il était permis et même convenable de choisir entre ces leçons celle qui s'accorde avec l'orthographe dominante du registre des Plaids, du moment où il est constaté que ce registre fournit un spécimen authentique de la langue de Reims.
Je dois avertir d'ailleurs que le registre des Plaids luimême n'est point exempt de telles variations. Ainsi quoiqu'il
1. Mémoires de l'Académie des inscriptions, tome XX'VIII, 2e partie, p. 287. Ce mémoire est intitulé « Observations sur la « langue de Reims au xni<= siècle. »>