‹ Récits d'un ménestrel de Reims au treizième siècleChapitre 28 sur 175 · I. — De ce qui advint outre mer et en France depuis · texte numérisé non relu

I. — De ce qui advint outre mer et en France depuis

Godefroi de Bouillon.

Après avoir rappelé par une courte mention quatre faits toujours vivants dans la mémoire populaire, la prise d'Antioche en 1098, de Jérusalem en 1099, d'Acre en 1191, et de Constantinople en 1204 (§ 1), le Ménestrel de Reims prend pour point de départ de ses récits les temps qui suivirent le règne des deux premiers rois chrétiens de Jérusalem, Godefroi de BouiUon et son frère Baudouin I", mort en 1118. Un roi juste, qui corrigeait les malfaiteurs au lieu d'en tirer de l'argent pour remplir sa bourse, régnait alors en France : c'était Louis le Gros, appelé ici du faux nom de Raoul le Justicier (§ 2). Louis le Jeune, qui lui succéda en 1137, conserve son vrai nom, mais en revanche il perd son titre d'héritier légitime pour être transformé en usurpateur : il supplante un frère plus âgé que lui, que les barons déclarent incapable de régner, et dont ils font, faute de mieux et par dédommagement, un comte de Dreux. La maison de Dreux se trouve ainsi avoir pour tige, non plus le troisième fils de Louis le Gros, mais le premier né de Raoul le Justicier, le prince Robert, d'où sortirent les Robertois « qui disent encore qu'on leur fait tort du « royaume. » Telle était la légende qui servait à expliquer pourquoi, au bout d'un siècle, Pierre Mauclerc, cadet de la maison de Dreux, se révoltait contre la reine Blanche et contre saint Louis (§ 3 à 5).

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