‹ Récits d'un ménestrel de Reims au treizième siècleChapitre 4 sur 175 · Recueil des Chroniques de Flandre^ III, p · texte numérisé non relu

Recueil des Chroniques de Flandre^ III, p

iv PRÉFACE.

long intervalle après la France, les croisades et l'Angleterre ?

On le voit, M. de Smet s'est condamné lui-même, et l'arme dont il s'est servi contre M. Paris se retourne contre lui. La conséquence qui découlait naturellement de son principe, c'est que l'ouvrage n'a pas le caractère d'une chronique locale. En effet, quoique l'auteur ait trahi son origine en racontant des faits appartenant à l'histoire de sa ville natale, il ne s'est renfermé que par exception sur ce théâtre restreint , et il a voulu presque toujours planer de plus haut pour agrandir l'horizon de ses récits. Comme il est question dans son ouvrage du pape et de l'empereur, de la France, des affaires d'outre-mer, de l'Angleterre, de la Flandre et de l'Espagne, il semble qu'on pourrait l'intituler Chronique universelle. Mais ce titre aurait l'inconvénient de laisser croire que l'auteur est un narrateur désintéressé qui fait équitablement la part de chaque pays et de chaque sujet. Or, il en est tout autrement : sa prédilection est pour la France d'abord, ensuite pour les croisades. C'est là ce qui occupe la plus grande partie de son récit ; les autres sujets ne lui ont fourni que des épisodes, ou des digressions assez courtes pour ne pas compromettre l'unité du livre. On serait donc plus exact en disant que c'est une chronique de France et d'outre-mer, écrite par un habitant de Reims au treizième siècle.

Mais il est possible d'atteindre à un plus grand degré de précision en profitant d'une judicieuse appréciation de M. Victor Le Clerc. Pour lui, l'auteur de cette

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