III. — Mariage de Louis le Jeune avec Alix de Champagne
Délivré de la mauvaise reine Eléonore, le roi de France s'empresse de se remarier ; toutefois il n'est pas question ici de sa seconde femme Constance, dont le nom était, paraît-il, tombé en oubli : celle que les barons s'empressent de désigner à son choix, c'est Alix de Champagne, de laquelle naquit, en 1165, le fils si longtemps désiré, qui devait effacer le souvenir des humiliations paternelles par la conquête de la Normandie et par la victoire de Bouvines (§ 13 à 16).
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IV. — De la déloyauté du roi Henri d'Angleterre et de sa mort.
En racontant que Henri Plantagenet demanda pour un de ses fils la sœur de Philippe-Auguste , et qu'il séquestra cette princesse pour la déshonorer, le Ménestrel a recueilli une accusation dont l'histoire, à tort ou à raison, a conservé le souvenir. Mais il n'est pas vrai que Henri au Gourt- Mantel fut le fiancé d'Alix de France, et qu'il soit mort de douleur en apprenant sa honte (§ 17 et 18); il était marié à une autre sœur de Philippe- Auguste , à Marguerite de France, quand une maladie l'enleva en 1183. Le fiancé d'Alix était Richard Cœur de Lion , qui la retint en Angleterre jusqu'en 1195, quoiqu'il eût succédé à son père dès 1189, et contracté un autre mariage l'année suivante. Ce qui est plus exact, c'est qii'Alix devint comtesse de Ponthieu par son union avec Guillaume III (§ 20 et 21). Il n'y a au contraire que fiction dans la prétendue expédition de Gerberoi, où Henri II aurait été surpris par Philippe-Auguste, et n'aurait échappé aux coups de son ennemi que pour s'étrangler de ses propres mains (§ 22 à 27) : il est mort en 1189, vaincu par son rival et trahi par ses fils; mais c'est une maladie qui a terminé ses jours. Il a été inhumé à Fontevraut et non à Rouen.
Y . — Comment Gui de Lusignan conserva la couronne de Jérusalem.
Il y a plus d'une erreur à signaler dans le récit des affaires d'Orient. La reine Sibylle qui a fait asseoir son mari. Gui de Lusignan, sur le trône de Jérusalem, n'était pas la sœur d'Amauri P"" mort en 1173, mais sa fille (§ 28). Au lieu de succéder immédiatement à son père, elle avait
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VU régner avant elle son frère Baudouin IV, mort en 1185, puis son propre fils Baudouin V, né de son premier mari Guillaume de Montferrat dit Longue-Épée. Quand elle reçut la couronne en 1186, en même temps que Gui de Lusignan, leur principal partisan était Héraclius, patriarche de Jérusalem, qui figure à tort au nombre de leurs ennemis avec un prétendu seigneur de Beirout; mais on peut compter parmi leurs adversaires Guillaume III dit le Vieux, marquis de Montferrat, Raimond II, comte de Tripoli, et Renaud, seigneur de Sidon ou Sayette (§ 29). Le reste du récit n'est pas plus exact, puisque la cérémonie du couronnement eut lieu à Jérusalem et non dans une église d'Acre (§31), sans qu'il ait jamais été question pour Sibylle d'abandonner son époux, et d'en choisir un autre parmi les prétendants qui auraient aspiré en secret à le remplacer. La scène où elle couronne Gui de Lusignan comme le plus digne est une des fictions imaginées ou recueillies par le Ménestrel pour captiver l'attention de ses auditeurs (§ 32).