VII. — Saladin rend la liberté à Gui de Lusignan
La conversation du sultan vainqueur avec son prisonnier n'inspirera de confiance à aucun lecteur (§ 46). Quant à la délivrance de Gui de Lusignan, eUe a été le prix de la reddition d'Ascalon, et non un de ces actes de générosité dont la crédulité populaire a fait honneur à Saladin (§ 47). Une fois libre, le roi ne put se faire ouvrir les portes de Tyr par Conrad de Montferrat, qui était en possession de la viUe (§ 48) ; mais la reine n'y était pas renfermée, et le récit de son évasion périlleuse est de pure invention (§ 49).
VIII. — Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion vont à la croisade.
Quand la nouvelle de la prise de Jérusalem parvint à Rome, c'était Clément III, et non Lucius III (§ 50) qui occupait le trône pontifical. Le Ménestrel de Reims n'est pas mieux instruit quand il fait aborder les croisés à Tyr pour y assiéger le bailli qui en avait refusé l'entrée à Gui de Lusignan (§ 51 et 52). Ils abordèrent directement devant Acre en avril 1191, et trois mois après leur arrivée, le siège que Gui de Lusignan avait commencé depuis deux ans, se terminait par la prise de la viUe. Il n'est donc pas vrai que les croisés y aient passé l'hiver; il n'est pas vrai non plus que Richard Cœur de Lion se soit tenu à l'écart, et que Philippe-Auguste ait pu mériter qu'un prophète musulman lui atti'ibuàt d'avance tout l'honneur de la victoire (§ 53 à 5()).
SOMMAIRE CRITIQUE. xlvij