‹ Récits d'un ménestrel de Reims au treizième siècleChapitre 33 sur 175 · IX. — De la déloyauté du roi Richard · texte numérisé non relu

IX. — De la déloyauté du roi Richard

Notre Ménestrel n'est pas le seul à raconter qu'une lutte s'engagea un jour dans les rues d'Acre entre Richard et Guillaume des Barres (§ 57 et 58) . La violence bien connue du roi d'Angleterre permet d'ajouter foi à cet incident, et à l'attaque qu'il aurait tentée dans son dépit contre l'hôtel du roi de France (§ 59). Il est plus difficile d'admettre, malgré l'accord de plusieurs témoignages, qu'il ait fait empoisonner Philippe- Auguste (§ 60); on doit douter aussi qu'ayant ensuite médité le meurtre de son rival, il ait obtenu à prix d'argent la complicité des comtes de Flandre, de Champagne et de Blois. Il résulte pourtant de certains récits que le comte de Flandre, à son lit de mort, avertit Philippe- Auguste d'une conspiration tramée contre ses jours (§61). Quoi qu'il en soit, le roi de France s'empressa de remettre à la voile (§ 62) trois semaines après la prise d'Acre, tandis que Richard prolongea son séjour en Orient jusqu'au mois d'octobre 1192; ce fut au mois de décembre suivant qu'il fut arrêté par les gens du duc d'Autriche, malgré le déguisement auquel il avait eu recours (§ 65) .

X. — Mort du comte de Blois, du comte de Champagne, du roi Gui et de sa femme.

Thibaut V, comte de Blois, était mort au siège d'Acre avant le départ des deux rois ; son naufrage est donc une fiction (§ 66). Henri II, comte de Champagne, épousa en 1192 Isabelle, seconde fille d'Amauri P'", et prit en même temps le titre de roi de Jérusalem ; mais il ne fut jamais roi de Chypre. Ce n'est donc pas comme son héritière, c'est comme épouse de Hugues de Lusignan, que sa fille aînée Alix devint reine de Chypre ; son autre fille Philippine fut

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mariée à Erard de Brienne, seigneur de Rameru (§ 67). Le récit de l'accident qui enleva la vie à Henri II en 1197 est conforme à la vérité (§ 68). Quant à Gui de Lusignan, loin de conserver pendant quatorze ans le titre de roi de Jérusalem, il le perdit à la mort de Sibylle, en 1189, et obtint en 1192 le royaume de Chypre qu'il conserva jusqu'en 1194. Le roi élu par les barons est le même personnage dont il a été question plus haut comme bailli de Tyr : c'est Conrad de Montferrat, qui périt assassiné en 1192, le jour même où il apprenait son élection. D'Isabelle, seconde fille d'AmauriP', mariée en secondes noces à Henri II, Conrad laissa une fille du nom de Marie, qui épousa Jean de Brienne en 1210 (§ 69).

XI. — Du retour de Philippe-Auguste et de son mariage avec la sœur du comte de Flandre.

Revenu en France après une heureuse traversée (§ 70), et rétabli enfin d'une maladie grave qui est de nouveau présentée comme la suite d'un empoisonnement (§ 71), Philippe- Auguste songea bientôt à contracter un second mariage. Rien n'empêche de croire qu'il ait pris l'avis de son oncle maternel, Guillaume Blanche-Main, archevêque de Reims (§ 72), et l'on est d'aiUeurs certain que ce mariage fut célébré en 1193 dans la cathédrale d'Amiens (§ 76) ; mais ce qui est complètement faux, c'est que les conseils de l'archevêque et les négociations qui en furent la suite aient eu pour objet une alliance avec Isabelle de Hainaut (§ 73 à 76), qui était morte en 1190; le Ménestrel a donc confondu les temps et parlé de la première femme de Philippe-Auguste quand il aurait dû parler de la seconde, qui était Ingeburge de Danemarck.

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