XIII. — Comment Richard attaqua Philippe- Auguste
Comme Richard entreprit la gueiTe contre Philippe- Auguste dès qu'il fut sorti de prison, il est naturel de rapporter à l'année 1194 ses pensées de vengeance (§ 86 et 87), l'assentiment de ses barons (§ 88), l'envoi des lettres de défi (§ 89 à 91), son débarquement à Dieppe (§ 92 et 93), et le commencement des hostilités (§ 94 à 102). Mais les Anglais n'occupaient pas Gisors(§96 à 101), dont Philippe- Auguste s'était emparé dès 1193.
Il serait également dangereux d'accepter comme exacts les autres détails de ce récit. Parmi les combattants mandés par le roi figure un comte de Chartres (§ 95 et 98) ; or le comté de Chartres était réuni alors au comté de Blois, et Louis, comte de Blois, n'eût pas été désigné sous le titre de comte de Chartres; Bouchard, comte de Vendôme, était vassal du roi d'Angleterre (§ 95), Guillaume, comte de San-
I SOJMAIRE CRITIQUE.
cerre (§95, 97 et 98), n'était pas en âge de porter les armes, et les historiens de Philippe- Auguste (qui ne parlent nulle part du prétendu vidame de Châteaudun) ne citent aucun autre vidame comme ayant pris part à cette campagne (§ 95).
II n'y a pas au contraire d'objection à faire contre la présence de Pierre de Courtenai, comte de Nevers, de Guillaume des Barres et d'Alain de Rouci (§ 95, 98 et 100). L'histoire n'apprend rien qui justifie le récit relatif au départ subit de Richard pour l'Angleterre (§ 102 et 103) : ce n'est sans doute qu'un incident destiné à ranimer l'attention des auditeurs du Ménestrel.