‹ Récits d'un ménestrel de Reims au treizième siècleChapitre 5 sur 175 · PREFACE. V · texte numérisé non relu

PREFACE. V

composition un peu frivole a est un trouvère ou un « jongleur qui veut à chaque instant réveiller l'atten- « tion de ses auditeurs par des rencontres merveil- « leuses, par de tragiques catastrophes \ » En émettant cette opinion, M. Le Clerc avait pris soin de répondre d'avance à une objection qui serait venue à l'esprit de bien des lecteurs. En effet, quand on se figure un trouvère, on ne se le représente guère autrement que chantant des couplets sur l'air qui leur était approprié, ou s'aidant d'une sorte de récitatif pour faire entendre des poésies d'une certaine étendue ; et cependant il n'est pas douteux qu'à l'occasion il débitait aussi de la prose. « Les conteurs qui s'en allaient, dit « M. Le Clerc, chantant de province en province leurs « histoires rimées de chevalerie et d'amour, pouvaient « redire ainsi, même en prose, les faits qu'ils avaient « appris la veille, et qu'ils ne croyaient pas défigurer « par des ornements semblables à ceux dont ils se a plaisaient à revêtir les traditions les plus accréditées « et les plus saintes légendes^. »

Il est facile maintenant de comprendre pourquoi, écartant le terme de Chronique^ et profitant d'ailleurs des données certaines fournies par M. Paulin Paris sur le pays de l'auteur, j'ai été conduit à intituler ce livre Récits d'un ménestrel de Reims au treizième siècle. Mais tout en acceptant comme parfaitement exacte l'opinion de M. Victor Le Clerc, je crois pourtant

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