‹ Récits d'un ménestrel de Reims au treizième siècleChapitre 41 sur 175 · XX. — De révêque Milon de Beauvais · texte numérisé non relu

XX. — De révêque Milon de Beauvais

Délivré après l'évacuation de Damiette avec les autres prisonniers, Milon, évêque de Beauvais, aborde à Barietva se faire sacrer à Rome par le pape Honorius III (§ 179). La longue description de cette cérémonie (§ 180 à 183) est un de ces hors-d' œuvre que le Ménestrel pouvait débiter ou omettre à son gré, eu égard à la composition de son auditoire et au temps qui lui était accordé. Ce ne fut pas alors que Milon de Nanteuil obtint du pape le duché de Spolette et la Marche d'Ancône, désignés ici sous le nom de Vaus d'Alise (§ 184) : cette donation ne lui fut faite qu'en 1230, c'est-à-dire bien des années après son retour d'Orient. Quand il rentra en France, Philippe- Auguste vivait encore ; ce n'était donc pas au temps du cardinal Romain, dont la légation ne commença qu'en 1225, ni de l'archevêque Henri de Braîne, qui ne fut élu au siège de Reims qu'en 1227. Quant au concile de Saint-Quentin, il se tenait en 1233 (§ 184), plusieurs mois après les troubles qui avaient éclaté à Beauvais contre l'autorité du roi, et non contre ceUe de révêque (§ 185 et 18G). Quand même Milon se serait fait le calomniateur de la reine (ce qui est contraire à toute vraisemblance), personne ne serait tenté d'ajouter créance à l'étrange anecdote qui nous la montre rétablissant sa réputation aux dépens de sa pudeur (§ 187). Il n'est pas vrai qu'une excommunication i)rononcée contre les habitants ait occasionné la saisie du comté de Beauvais (§ 188 à 190) ; c'est au contraire à l'occasion de la saisie de son temporel que révêque jeta l'interdit sur son propre diocèse. Il était ruiné quand il partit pour l'Italie en 1234, afin d'y implorer l'intervention du pape; et c'est une scène imaginée à plaisir que la rencontre de l'opulent évêque de Beauvais avec le pauvre évêque de Turin (§ 191 à 195). Comme Milon de Nanteuil, avant de parvenir à l'épiscopat, avait

SOMMAIRE CRITIQUE. Iv

été prévôt de Reims, et qu'il avait eu en 1217 la garde de la ville pendant l'absence de l'archevêque Albéric HumbertS il avait pu alors exciter quelques inimitiés dont le souvenir ne serait peut-être pas étranger à l'animosité qui règne dans tout ce récit.

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