PRÉFACE. ■ \X
peut avoir empruntées à d'autres et qu'il répète de confiance ; mais les discours et les dialogues offrent généralement tous les caractères d'une œuvre d'imagination aussi dénuée de vérité que de vraisemblance historique.
M. Victor Le Clerc, qui sait gré à cet auteur de n'être pas un homme d'église, d'écrire comme les laïques en langue vulgaire, de s'exprimer sur le clergé et même sur le pape avec une grande liberté \ reconnaît en même temps que l'ignorance , l'envie de paraître tout savoir, la malignité, les préjugés, ont pu lui faire commettre bien des fautes ^ Voilà autant de causes d'erreur signalées par un juge qui était en somme plus indulgent que sévère pour les récits de notre ménestrel, et j'aurais pu, sans autre examen, en conclure qu'il faut les lire avec une extrême défiance. Mais un de mes devoirs, comme éditeur, était de les confronter avec l'histoire, et je les ai trouvés si souvent en défaut que le résultat de cette comparaison a été de leur enlever tout crédit. Je ne prétends pas que la vérité en soit absolument exclue; mais qu'elle y figure seulement comme un accessoire de la fiction. L'auteur se propose avant tout de plaire à ses auditeurs, et il les trompe sans scrupule quand il n'a pas d'autre moyen de les amuser. Il ne se croit obligé en conscience ni de vérifier les faits qu'il ignore, ni de respecter ceux qu'il connaît ; mais il use à son gré du