‹ Récits de campagne, publiés par ses fils le comte de Paris et le duc de ChartresChapitre 12 sur 67 · TIRÉ DES « CAMPAGNES DE L'ARMÉE D'AFRIQUE · texte numérisé non relu

TIRÉ DES « CAMPAGNES DE L'ARMÉE D'AFRIQUE

« En arrivant à Alger, au mois (laoùt I83o, le maréchal Clauzcl trouve partout l'armce française sur la défensive.

» La division d'Oran était bloquée dans les places de la côte. La division d'Alger, inquiétée dans ses lignes par les Iladjoutes, se voyait menacée par la forte organisation que léniir venait de donner aux populations jus<jue-là passives tle Tittery. A Bougie une guerre furieuse ensanglantait de plus en plus cette étroite arène de gladiateurs. La division de Bône demeurait slationnaire, observée par Achmed, bey de Constantine, dont l'hostilité se fût rallumée au moindre mouvement.

» Toutes les forces de l'Algérie pesaient sur nous, concentrées dans les mains d' Achmed et d'Abd-el-Kader. Le bey de Constantine s'appuyait sur Tunis et était soutenu par la Turquie. Le prince des Croyants avait derrière lui toute la race arabe, et disposait des ressources de l'empire du Maroc, dont h's populations ferventes ne se bornaient pas à prier pour lui.

» Cette situation, en se prolongeant, eût conduit à la perte de l'Afrique.

» Le maréchal résolut d'y mettre promptement un terme en prenant partout une vigoureuse offensive. Mais comme Achmed

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n'était encore qu'une menace, tandis qu'Abd-el-Kader était déjà plus qu'un danger, les premiers coups durent être dirigés contre ce dernier.

» Le général français voulait surtout attaquer dans sa base la puissance de l'émir, en portant le principal effort de la guerre dans la province d'Oran. Car si les racines de l'arbre étaient une fois coupées, le tronc et les branches périraient bientôt.

» Le but des opérations dans l'Ouest fut donc d'enlever à l'ennemi le prestige de la victoire sur le sol même où il lavait conquis ' ; de détruire dans Mascara, berceau et capitale du nouveau sultan, les moyens de gouvernement, de guerre et d'organisation qu'il avait créés ; et, après l'avoir privé de ce qui avait établi et maintenu son autorité, de lui opposer, en profitant de la position de Tlemcen, un centre de résistance autour duquel pussent se rallier les défectionnaires de la coalition arabe dont l'émir était le chef. »

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