Juin
1" décembre.
COMBAT DU SIC. — On a tiraillé cette nuit sans résultat. Nous avons eu un vent du sud-est tellement fort, que j'ai cru que nos tentes allaient tomber. Ce matin nous avons aperçu un camp retranché considérable sur notre droite, et nous avons appris qu'Abd-el-Kader, qui est à Ghorouf , avait reçu des renforts. Les Garabas, commandés par Mohammed-Ali-Bouhallem, se sont joints à lui. Dès le point du jour, les Arabes furent plus audacieux, et vinrent tirailler sur nos postes. Nous parvînmes, non sans peine, à lancer quelques hommes d'Ibrahim-Bey contre eux, mais comme ils allaient mollement, des voltigeurs du 47' s'avancèrent et on tua un ou deux Arabes. Après quoi la fusillade cessa. La matinée se passa à enlever tout ce qu'on trouvait dans les silos qu'on découvrait à chaque instant.
Puis le maréchal, voyant le camp des Beni-Amer se grossir beaucoup, résolut d'aller l'enlever ou du moins de dissiper le rassemblement qui s'y était formé. 11 fit prendre sans bruit les armes aux zouaves, au bataillon d'Afrique, à deux bataillons du 2° et du 17° léger, à la batterie de campagne et à la cavalerie. L'infanterie laissa ses sacs au camp, et l'artillerie ses caissons, en sorte que toute celte colonne fut le plus mobile possible. Le maréchal en donna le commandement au général Oudinot. Nous sortîmes du camp au milieu d'une trombe de sable que nous
1. Ghorouf ne figure pas sur la carte d'état-major; mais le Chroufou Kerouf est un cours d'eau qui débouche dans la plaine à quelques kilomètres à l'est du Sig. Le camp d'Abd-el-Kader devait être établi au bord de ce ruisseau, dans un ravin, sur les premières pentes du Djebel-Touakas.
avions d'abord aperçue comme un nuage de poussière à l'extrême horizon el qui avait fondu sur nous avec une incroyable rapidité. En quelques minutes nous étions couverts de la tête aux pieds et, pendant quelques instants, on ne pouvait pas y voir. Les troupes se formèrent dans un petit bois de jujubiers sauvages qui n'ont guère plus de cinq à six pieds de haut. Les zouaves prirent la
^.3 . r i^^-^^-^^'iT^' ^
DtFEliISr. DE TLEMCEM (RArrET).
tète de la colonne avec les deux compagnies de voltigeurs, et une
compagnie du bataillon d'Afrique. Derrière avançait la cavalerie,
puis les trois bataillons en colonne serrée par peloton, sous
le commandement du colonel de Vilmorin. Deux pièces de
canon marchaient avec chaque subdivision de la colonne. Une