‹ Récits de campagne, publiés par ses fils le comte de Paris et le duc de ChartresChapitre 2 sur 67 · Collège Henri IV, juillet I82i · texte numérisé non relu

Collège Henri IV, juillet I82i

INTRODUCTION

Quand il fut homme, le duc d'Orléans fut lié avec les principaux généraux de l'époque et surtout avec l'illustre maréchal Soult, le signataire de toutes les ordonnances ou règlements qui devaient servir de nouvelle règle à l'armée.

Enfin devenu chef à son tour, il fut spécialement heureux dans

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le choix des aides de camp et des officiers d'ordonnance qui partageaient ses travaux. C'étaient MM. Gérard, de Montguyon, d'Elchingen, Berlin de Vaux, de la Redorte, Munster, de Chabaud- Lalour ; ce dernier était spécialement le confident de ses éludes. On pourrait aussi citer le glorieux mutilé de Trafalgar, le général d'Houdetot qui, aide de camp du roi, accompagna son fils en Afrique.

Partout et toujours nous trouvons notre père admirablement

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INTRODUCTION

préparé aux choses militaires, admirablement entouré et secondé, pour les bien connaître et les bien pratiquer.

Colonel du 1" hussards, il avait étudié les manœuvres à Lunéville (1829) et commandait le régiment à Joigny quand la révolution de 1830, en le faisant Prince Royal, lui imposa des devoirs plus étendus. Bien vite et à mesure que l'âge lui donnait de l'expérience, il comprit le rôle qui lui était réservé vis-à-vis de l'armée : « Usant de la légitime influence qui appartient, dans une monarchie à l'héritier du trône, mais n'en usant jamais que dans l'intérêt public et n'ayant jamais essayé de l'exercer au delà des limitesconslitutionnelles, il propageait les idées qui lui paraissaient justes avec toute l'ardeur de sa nature, avec le tour d'esprit le plus vif et la parole la plus animée, car rarement on vit tant de qualités aussi séduisantes unies à un mérite aussi solide*. »

Il voulut recevoir le baptême du feu, partager tous les dangers de l'armée, acquérir l'expérience et l'autorité que donnent les campagnes : la Belgique et le siège d'Anvers furent ses premières armes. Après avoir servi à l'armée qui entra en Belgique en 1831, il commandait on 1832 le corps d'avant-garde qui franchit la frontière et prit part à toutes les opérations du siège d'Anvers. La capitulation du 22 décembre termina ces opérations.

i. Duc d'Aumale, let Zouavet et Us Chasseurs à pied. (Michel Lévy, 1855.)

xn INTRODUCTION.

Le duc d'Orléans rechercha ensuite toutes les occasions d'aller en Afrique : en 1835, il prit part à l'expédition de Mascara; il dut, en 1837, céder à son frère le duc de Nemours l'honneur de contribuer à la prise de Constantine, mais, en 1839, il traversa les Portes de Fer à la tête d'une division et, en 1840, sous les ordres du maréchal Valée, il conduisit encore une division pendant cette campagne qui devait nous assurer la possession de la chaîne de l'Atlas et dont la prise du col de Mouzaïa fut un des principaux faits d'armes.

Le duc d'Orléans aimait et aimait pratiquement l'Afrique : il tenait à ce que la période de conquête fût en même temps une période de colonisation destinée, dans un avenir prochain, à faire de la colonie une « Nouvelle France » suivant sa propre expression.

Il aimait tant l'Algérie française qu'il avait voulu en être l'historien ; il avait préparé en effet une Histoire des campagnes de V armée d'Afrique, dont une partie seulement (de juin 183o à novembre 1839) a pu être terminée, et, imprimée à très peu d'exemplaires en 1843, a été publiée de nouveau par jious en 1870'.

Ainsi que son père et son grand-père, le duc d'Orléans avait débuté dans ces hussards dont le commandement était comme une sorte d'apanage pour la famille d'Orléans. Élégant homme de cheval, il se plaisait dans la cavalerie qu'il savait apprécier et manier. On peut même dire qu'au miheu de ses brillants escadrons, il était dans son élément. Mais dès qu'il fut arrivé au grade de général de division, il consacra presque toutes ses études et tous ses soins à l'infanterie. Il aimait jusqu'au détail de cette « arme nationale des Français depuis tant de siècles^ », par laquelle il voulait que son fils aîné, son héritier, le comte de Paris, débutât dans la carrière militaire.

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