‹ Récits de campagne, publiés par ses fils le comte de Paris et le duc de ChartresChapitre 3 sur 67 · LE OL'C 0 ORLÉANS DANS LA COUR DU COLLEGE (OELAROCUK · texte numérisé non relu

LE OL'C 0 ORLÉANS DANS LA COUR DU COLLEGE (OELAROCUK

INTRODUCTION

Ce n'était pas seulement en faisant campagne que le duc d'Orléans comprenait sa tache : il se tenait au courant de toutes les publications militaires ' et voulait être le promoteur de toutes les idées, de toutes les innovations, grandes et utiles à l'armée. Nous ne pouvons pas citer ici tous ses travaux, de 1832 à 1842, il nous faut seulement rappeler les deux grandes œuvres auxquelles il prit une large part et à l'histoire desquelles son nom restera attaché : la création des chasseurs à pied et la construction des fortifications de Paris.

L'uniforme foncé des chasseurs à pied est aussi populaire en France que respecté dans le monde entier. Nous n'avons pas à faire ici l'historique de celte création, qui fut peu à peu copiée par toutes les armées étrangères ; rappelons

seulement qu'après avoir été mêlé à la formation, à litre d'essai, de la compagnie puis du bataillon (14 novembre 1838) de tirailleurs de Vinccnnes, le duc d'Orléans fut chargé de former dix bataillons semblables. C'était la première troupe recevant des armes de précision, la première réserve ou avant-garde, constituée d'avance en dehors des compagnies d'élite des régimenis.

CHISSEVK 1 PIED (riFFET).

1. u Pas un mémoire intéressant ne paraissait en France ou hors de France qu'il ne passât sous ses yeux. » Duc d'Aumale, les Zouaves et les Chasseurs à pied, déjà cit(^.

XVI INTRODUCTION

Le \0 mai 1841, dans la cour des Tuileries, les dix bataillons réunis pour la première el la dernière fois, étaient présentés par le duc d'Orléans au roi qui leur remettait un drapeau : le soir même, quatre d'entre eux partaient pour l'Afrique'.

La défense de la France fut la principale préoccupation militaire de notre père : il y consacrait tout son temps, tous ses travaux; « l'organisation des armées élrangères lui était aussi familière que celle de notre armée même * » ; il voulait mettre le territoire à l'abri de toute invasion, la capitale du royaume à l'abri de tout coup de main : il avait à cet égard des idées très arrêtées, mais très mûries, fruit des plus fortes études, il a laissé sur ce sujet un long mémoire militaire {Défense de la France) dans lequel il étudie à fond l'état des armées élrangères et l'état de la France.

Cet ouvrage n'a maintenant qu'une valeur rétrospective pour ce que l'on pourrait appeler l'étude de l'histoire de la mobilisation : il cherche à l'organiser en France, il la prévoit dans les autres pays. Le manuscrit est du reste inachevé : quand les fortifications de Paris, quand les projets et les plans du duc d'Orléans'' furent adoptés*, il interrompit ce travail qu'il ne iugeait plus nécessaire. Mais que d'études, que de luttes, que d'énergie il fallut déployer pour obtenir, avec l'aide de M. Thiers el l'appui du roi, ces fameuses fortifications !

S'il ne termina pas son ouvrage sur la Défense de la France, du moins ce sujet ful-il, jusqu'au dernier jour, sa grande préoccupation. Aussi avait-il, en 1842, demandé el obtenu le commandement du corps d'opérations sur la Marne, désireux qu'il était d'étudier sur place les divers échelons de cette frontière de l'Est, dont trente ans plus lard la nouvelle défense devait être aussi

1. De 1842 à 1848 les chasseurs à pied portèrent le nom de chasseurs d'Orléans.

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