‹ Récits de campagne, publiés par ses fils le comte de Paris et le duc de ChartresChapitre 25 sur 67 · Voir le Journal de l'expédition de Mascara · texte numérisé non relu

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ne sont pas graves. C'est le même état sanitaire qu'en France, mais les officiers de santé servent fort mollement; dans tous les services militaires on vole d'une manière indigne, surtout sur le pain, qui a été très mauvais jusque deux jours avant mon arrivée, et sur lequel on fait palemment des bénéfices honteux. Tout ce qui appartient à l'armée militante est honorable, mais l'armée administrative est empestée de fripons et de drôles qui salissent un uniforme qu'on aurait bien dû ne pas leur laisser porter. J'ai tilché de remédier le plus possible aux abus criants que j'ai aperçus ; j'ai même fait un peu d'autorité, mais l'absence du maréchal me paralyse à chaque instant; il y a tant de choses que je ferais avec lui en dix minutes, et qu'il faut

que je laisse en suspens. 11 n'est jamais venu à Oran, n'y connaît personne; aussi se croit-on ici délaissé et négligé, et a-l-on été d'autant plus reconnaissant de ma venue.

■l'ai visité ensuite le casernement, qui a beaucoup gagné et qui, avec peu de chose, serait très bon. La question des logements des officiers, qui sont soumis à mille avanies, demande un prompt remède et je tâcherai à Alger de le trouver. — Pendant la chaleur qui, du reste, n'est pas forte (17 degrés à l'ombre et encore tempérée par le vent de mer), je me livre au plaisir de la danse

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des nègres, qui produit un grand effet sur Boismilon' et lui fournit un prétexte de plus de ne rien faire. Il n'y a pas de ballet de l'Opéra qui vaille les gambades et les contorsions si sérieusement comiques de ces sauvages : voilà ce dont conviennent tous ceux qui ont vu cette danse entraînante, et entendu cette musique si simple et si puissante d'effet.

Dans l'après-midi je vais à Miserghin, à trois lieues d'Oran,

ÉTAT-.MAJOR ALLANT A MISEIIGHIM (BiFFET).

sur les bords du lac Salé. Je suis, pour y aller, le ravin d'Oran jusqu'à sa source. C'est fort joli : de belles eaux vives au milieu des rochers; des jardins admirablement cultivés par des Maures et des Valenciens, remplis de grenadiers énormes, et garnis çà et là de quelques beaux palmiers, forment toujours un joli coup d'œil. En sortant de Ras-el-Aïn nous traversons un bois d'aloès, tout en fleurs; je remarque une tige à fleurs qui a vingt-neut pieds de haut. Cet endroit appartient aux chasseurs à cheval, qui

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