Mal du pays
du Midi, et je crois qu'ils ne sont pas propres à coloniser, au moins comme premier noyau ; les Espagnols, les Maltais, les Génois et les Languedociens sont les meilleurs : quand une fois la première couche sera établie, les Allemands pourront être un très utile renfort. Je vois le collège, il parait bien tenu, mais je
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soupçonne les études d'y être très faibles; il possède une jolie bibliothèque. Je vais enfin au môle, dont les travaux sont si importants pour l'avenir de la colonie. Une grave discussion est élevée en ce moment entre la marine et les ponts et chaussées sur la direction des jetées que l'on forme de grandes masses de béton coulé. Le plan des ponts et chaussées garantit plus la tranquillité dans l'intérieur du port; celui de la marine en rend l'entrée plus
facile. Je penche pour ce dernier, parce que la question de l'entrée
dans le port me paraît bien plus importante que celle de diminuer le ressac et le danger d'avaries dans l'intérieur.
Avant le dîner, je reçois l'ambassade d'Abd-el-Kader. Koudderben-Rebab, caïd des Hadjoutes, et un de nos plus mortels ennemis, m'apporte des letlres et des présents de la part de l'émir. Ce sont quatre belles autrucbes, quatre gazelles (je laisse cela jusqu'après l'hiver au Jardin d'essai d'Alger), deux rosses couvertes d'un vieux rideau en guise de housse, un bel équipement de cheval et des peaux de lion tellement usées qu'elles ne valent pas nos peaux de lapin dont j'aurais fait un présent à l'émir, si j'en avais eu ici sous la main. Je lui envoie du reste deux ou trois fois la valeur de ce que j'ai reçu. Le soir, raout chez moi, conversation avec les officiers, les colons, les Maures, etc.
Jeudi 3 octobre.
Course dans les camps de l'est. Le temps est lourd, brumeux et chaud; quand le soleil se montre il est brûlant. Toute la journée nous prépare le grand orage qui éclate à notre entrée à Alger. Nous traversons, au grand trot, le joli pays du Hamma', après le délicieux café des Platanes, que Joinville trouverait digne du pont des Caravanes, de Smyrne, puis nous arrivons au marais de la Maison Carrée, où, sous un bois de lauriers-roses en fleur, l'Harrach stagnant laisse échapper des exhalaisons auxquelles les indigènes seuls peuvent résister. Nous passons le pont turc de l'Harrach, et nous montons au galop, ùi a chaise and four-,
i. Le Jardin d'essai.