En
LE GÉNÉRAL GALBOIS (rAFFEt),
Après avoir vu l'hôpital, dont l'état est satisfaisant, je me rembarque sous la vieille porte de la Marine et dis adieu à ce poste militaire qui, aujourd'hui, n'est qu'une charge assez inutile pour la France. Par une protection toute particulière de la Providence pour que je puisse encore voir Djidjelli de jour, lèvent saute cap pour cap et enfle toutes nos voiles, de manière à nous faire filer dix nœuds et ù nous permettre de débarquer à quatre heures et demie.
Le mouillage est très sûr. Quoique la mer soit grosse en dehors de la ligne de récifs qui forme une jetée naturelle en avant de la presqu'île où est bâtie la ville, notre bateau ne bouge pas. Djidjelli est un amas de masures kabyles et mauresques, bâties sur un rocher de couleur grise, comme les maisons, qu'on ne distingue que de très près. Une grande porte sarrasine, avec quelques palmiers, est la seule entrée du côté de la terre sur l'étroite presqu'île qui s'avance dans la mer. En mettant le pied à terre, je songe à l'intéressant domestique de madame de Bourk' et j'apprends
LÉGION ÉTRANGÈRE (rAFFEt).
1. Madame de Bourk, se rendant avec sa fille et plusieurs domestiques auprès dn son mari, ambassadeur du Hoi en Espagne, tomba au pouvoir d'un corsaire. Celui-ci fit peu après naufrage près de Ujidjelli, madame de liourk périt. Sa fille fut sauvée, mais emmenée captive dans les montagnes avec quatre domestiques dont le dévouement fut admirable au milieu des souffrances et des privations de toutes sortes dont on accabla les malheureux naufragés. (Voir Voyage pour ta rédemption des captifs aux royaumes d' Alger et de Tunis fait en / 720. Paris, 1721.)
par mon interprèle que la Iradilion du naufrage d'une dame
de distinction s'est conservée dans le pays. 0 puissance des
souvenirs et de la vertu! Cela demande à être communiqué à
Zazoul'.
Quoique le maréchal ait de nouveau été malade, il est rayonnant à Djidjelli : tout lui semble beau et bon^. Nous parcourons
t-ë?" ^^^jy^j^r
P8KTE DE DJIDJELLI (OiUZiTs).
la ligne des avant-postes, bien placés par de Salles, qui est certainement un très bon officier ; nous examinons tous les endroits où les combats ont eu lieu, la place où le malheureux commandant Horain fut tué, et les fortifications nouvelles élevées en maçonnerie par les troupes, en grande partie sur les traces laissées par Duquesne et le duc de Beaufort, lorsqu'en 1664 le régiment de Picardie emporta Djidjelli sur ces mêmes Kabyles que nous