‹ Récits de campagne, publiés par ses fils le comte de Paris et le duc de ChartresChapitre 51 sur 67 · Ce n'est pas une plaisanterie · texte numérisé non relu

Ce n'est pas une plaisanterie

LA LUTTE (rAPPET).

a toujours éludé de me les montrer, et, comme les travaux de Sétif auxquels douze cents travailleurs sont occupés, et l'état de la terre ne nous permettent pas de partir encore de bonne heure demain, nous nous séparons sans prendre de décision.

Le reste de la journée est employé par moi à voir en détail le bataillon turc, qui est une institution bien utile et qui

LE BACH PALAW.l\ (rAFFEt).

peut rendre d'immenses services. La compagnie de canonniers el la compagnie de réserve des Turco fino sont très belles. Presque tous ces hommes ont soutenu contre les Français le siège de Conslantine; je vois entre autres le bach todji d'Achmed et celui par qui fut pointée la pièce qui tua Damrémont. — Ils me donnent une petite fêle fort divertissante qui déride Valée lui-même. C'est une lutte précédée de prières et des simagrées les plus grotesques dans le genre du bal Musard. Le bach palawan, ou chef des hercules, est surtout très applaudi, ainsi qu'un nègre qui ne prend

pas part à la prière, étant idolâtre : il vient d'au delà de Tombouctou. J'apprends là que Vassa fcetida est désormais indigne d'être la reine des puanteurs : l'essence réchauffée du bataillon turc la détrône de la première place parmi les infections. — Entre autres causes de cette odeur sui generis, on m'assure que les nègres mahométans du bataillon étant habitués dans le désert à simuler avec du sable les ablutions prescrites par le Coran, continuent ici cet usage; seulement le sable du bouge qui leur sert de logement n'est que de la poussière d'ordures séculaires. 0 Mahomet, qu'en dirais-tu? — J'ai encore trouvé le temps, dans cette journée dont je vous rends un compte si long, d'aller voir un monument romain qui est à une demi-lieue, et que l'on désigne sous le nom de Castria. C'est un reste de petit temple d'une architecture simple, mais de la plus belle couleur. Les soldats, je ne sais trop pourquoi, l'appellent le tombeau de Cicéron.

Jeudi 24 octobre.

SÉJOUR A sÉTiF. — Toule la jouméc est très belle ; Ics travaux de l'ouvrage sont presque terminés, grâce à l'activité du génie et des douze cents travailleurs qui se relèvent sans interruption; l'enceinte est complétée partout à une hauteur de douze pieds seulement aux deux endroits les plus bas, et de trente-deux pieds ailleurs; on a fait un réduit, préparé des baraques, un poste, des magasins, tout a été créé comme par enchantement. On y laisse le bataillon turc avec Mollière.

Mais nous, que faisons-nous? Aye ! there is the rub ', La con-

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