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Récits des temps mérovingiens, l. Il, p

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dente charité * et tous les instincts d'une àine forte , élevée, généreuse.

La fille de Bertaire passa ainsi neuf années. Enfin , en 538 , un message royal lui annonça que le roi de Soissons l'attendait dans sa capitale pour la célébration de leur mariage. Saisie d'un double sentiment de répugnance et d'effroi , et ne pouvant supporter l'idée de devenir la femme d'un tel homme, elle essaya d'abord d'échapper à son ^corte. Mais on la rejoignit, on l'amena à Clotaire , et la cérémonie nuptiale eut lieu aussitôt.

Même dans la paisible et studieuse retraite où s'était écoulée sa jeunesse, rien n'avait pu effacer de l'esprit de Radegonde le terrible souvenir des malheurs de sa patrie et de sa famille. Son union forcée avec Clotaire, en ravivant une blessure encore saignante , acheva de la plonger dans une inexprimable tristesse. Qu'on juge d'ailleurs de ce que devait avoir à souffrir cette nature délicate et cultivée , que le sort condamnait à vivre au milieu des leudes ignorants, brutaux et féroces qui remplissaient la cour de Soissojis! Les devoirs de son rang lui étaient de plus en plus à charge. Afin de s'y soustraire, au moins en partie, elle se livrait à des austérités qui faisaient dire à Clotaire : « C'est une nonne que j'ai épousée là , non une reine. » Elle se plaisait surtout à consacrer ses loisirs à des œuvres de charité, se rendant, en quelque sorte , la servante des malades et des pauvres. Le do-

1 . « Elle se faisait une joie, dit un de ses anciens biographes, de réunifies enfants paavres du voisinage, pour leur distribuer des aliments, des vêtements, surtout pour leur apprendre i prier et à aimer Dieu- >*

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inaine royal d'Atics, que lui avait donné le roi son époux, fut transformé par elle en un hospice pour les femmes indigentes. Souvent elle s'y rendait pour y distribuer des aumônes, ou même pour y panser de ses mains, comme une simple infirmière, les plaies les plus hideuses. D'autres fois c'était à ses livres bien-aimés , ou à l'entretien de quelque savant et pieux évèque, qu'elle demandait une distraction passagère à la mélancolie dans laquelle son âme était habituellement plongée , et que redoublaient encore les fêtes bruyantes et les orgies grossières de la cour die Soissons.

Depuis qu'elle avait vu sa destinée enchaînée à celle de Clotaire, Radegonde n'avait plus d'autre désir, ne formait plus d'autre vœu que de pouvoir rompre ce fatal mariage, pour aller finir ses jours dans le cloître. Mais il paraissait bien difficile que le roi y consentît , et, pendant six ans, elle dut se résigner à dévorer en silence sa douleur et ses larmes. Un dernier malheur domestique changea tout à coup en une ferme résolution ce qui jusque-là n'avait été chez elle qu'une aspiration secrète. Ce fut la mort de son frère , tué , on ne sait trop pourquoi, par l'ordre du barbare Clotaire. A ce coup, qui rouvrait pour elle, comme elle le disait plus tard elle-même , « les sépulcres de son père , de sa mère , de son oncle , de tous les parents qu'elle avait pleures, » Radegonde n*hésita plus. Toutefois , de peur d'éveiller les soupçons , elle dissimula d'abord et demanda seulement la permission de se rendre auprès d'un évoque égalemeiit vénérable paf son âge et par sa réputation de vertu , saint Médafd

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de Noyon. Le roi ne s'y opposa point. Peut-être espérait-il que les distractions du voyage calmeraient un peu une douleur dont le spectacle Fimportunait sans doute. Toujours est-il que la reine put sortir librement de Soissons. Quand elle arriva auprès du prélat, elle le trouva qui célébrait l'office divin dans sa cathédrale. Aussitôt, s'avançant vers lui : « Prêtre de Dieu , lui dit-elle , je veux quitter l'habit et la vie du siècle. Ne me refuse pas , je t'en conjure , et consacremoi au Seigneur. » Surpris de cette requête inattendue , Médard ne savait que résoudre. Son incertitude et son trouble augmentèrent encore, lorsqu'il entendit les leudes francs qui avaient accompagné Radegonde le menacer de se porter sur lui aux dernières violences , s'il osait donner le voile de religieuse à une femme que le roi avait solennellement épousée. D'un autre côté , le peuple et le clergé faisaient hautement des vœux pour que l'évoque se rendit au désir de la reine. Celle-ci, pendant tout ce tumulte, s'était réfugiée dans la sacristie. Après s*y être revêtue à la hâte d'un costume de recluse qu'elle mit par-dessus ses habits royaux, elle retourna au sanctuaire, et s'adres* sant à Médard î « Si tu tardes encore à me consacrer, s'écrie-t-elle, si tu crains les hommes plus que Dieu, souviens-toi que tu auras un jour à répondre, devant le pasteur, de l'âme de sa brebis. » Ces paroles , prononcées avec l'accent d'une conviction profonde, frappèrent vivement l'esprit de l'évêque et mirent fin à son hésitation. Alors, élevant la voix, il déclara rompu le mariage de la fille de Bertaire. En même temps , par l'imposition des mains , il lui conféra le titre de dia-

conessc*. Radegoude , au comble de ses vœux , et , dit un de ses biographes, « ne voulant rien conserver de cette vaste et orageuse mer d'où elle sortait si heureusement, » s'empressa de se dépouiller de tout ce qu'elle portait sur elle d'ornements et de joyaux précieux , pour en faire don aux pauvres. Quant aux seigneurs francs , émus eux-mêmes de la scène dont ils étaient témoins, ils cessèrent leurs protestations et leui^ menaces, et ne parlèrent plus de ramener la reine de vive force vers Clotaire.

Dès qu'ils furent éloignés de Noyon, la nouvelle diaconesse quitta cette ville où elle ne se sentait pas en sûreté. Longtemps elle erra de basiKque en basilique , toujours craignant de retomber au pouvoir du roi, qui se montrait très-irrité de sa fuite, et qui menaçait d'aller l'arracher du pied même des autels. A la fin pourtant, sur les remontrances énergiques de l'évêque de Paris, saint Germain', il consentit à ce qu'elle cessât .de lui appartenir, et lui permit de fonder à Poitiers un couvent de femmes, pour y achever en paix le reste de ses jours.

Radegonde consacra à cette pieuse fondation tout ce qu'elle tenait de la libéralité de celui qui avait été son

4 . Les diaconesses exerçaient auprès des personnes de leur sexe, el sous la direclion des évèques el des prêtres , des fonctions analogues à celles que les diacres • remplissaient auprès des hommes. Elles visitaient les femmes pauvres ou malades, instruisaient celles qui n'étaient encore que catéchumènes, les présentaient aux fonis baptismaux, etc. Elles étaient considérées comme faisant partie du clergé. Au reste l'usage de consacrer des diaconesses ne tarda pas à tomber en désuétude. Il ne se maintint, par exception , que dans un très-petit nombre d'églises.

2. Sur saint Germain de Paris, voyez ci-après la note 2 de la pr 122 (V* récit).

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époux. Situé un peu en dehors de la ville , le nouveau monastère couvrait avec ses dépendances une trèsvaste étendue de terrain. Outre le cloître proprement dit, il renfermait des jardins, des portiques, des salles de bains et une église , le tout environné de murs que flanquaient, de distance en distance, de hautes et fortes tours*. On l'appela le monastère de Sainte- Croix, parce que Radegonde, peu de temps après, y déposa un morceau du bois de la vraie croix".

Plusieurs années s'écoulèrent avant l'entier achèvement de l'édifice. « Le jour où tout fut prêt, dit l'éloquent historien que nous avons déjà cité' , et oii la reine entra dans ce refuge , d'où ses vœux lui prescrivaient de ne plus sortir que morte, fut un jour de joie populaire. Les places et les rues de la ville qu'elle devait parcourir étaient rempUes d'une foule immense ; les toits des maisons se couvraient de spectateurs avides de la voir passer ou de voir se refermer sur clic les portes du monastère. Elle fit. le trajet à pied, escortée d'un grand nombre de jeunes filles qui allaient partager sa réclusion, attirées auprès d'elle par le renom de ses vertus chrétiennes , et peut-être aussi par l'écliat de son rang. La plupart étalent de

1 . Celait là une mesure de sûreté tout à fait nécessaire dans un temps où il n'existait aucun pouvoir public assez fort pour prévenir ou pour réprimer la violence et le brigandage. Nous verrons, au reste, que l'usage^ d'entourer les monastères de fortifications devint presque général dans les siècles suivants.

2. C'est à l'occasion de la translation solennelle de cette relique dans le couvent de Sainte-Croix, que le poêle Fortunat, dont nous parlerons ci-après, composa l'hymne rexilla régis.

3. M. Augustin Thierry, Kècitt des temps mérovingiens^ t. U, p. 379.

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race gauloise et filles de sénateurs; c'étaient celles qui , par leurs habitudes de retenue et de tranquillité domestique, devaient le mieux répondre aux soins maternels et aux pieuses intentions de leur directrice; car les femmes de race franque portaient jusque dans le cloître quelque chose des vices originels de la barbarie. Leur zèle était fougueux, mais de peu de durée ; et, incapables de garder ni règle ni mesure, elles passaient brusquement d'une rigidité intraitable à l'oubli le plus complet de tout devoir et de toute subordination. »

Le couvent de Sainte-Croix de Poitiers avait été commencé en 544. Il fut inauguré vers 650. Peu ae temps après, Radegonde, voulant donner elle-même à la communauté l'exemple de l'humilité chrétienne et de l'obéissance, se démit du titre et des fonctions d'abbesse. Puis elle fit éhre en cette qualité une jeune fille nommée Agnès , qu'elle avait adoptée tout enfant et élevée avec une tendresse maternelle. Ainsi descendue, par sa libre volonté, au rang de simple religieuse , elle ne cessa point toutefois d'être comme Tâme du monastère , et d'exercer sur ses compagnes un ascendant qui tenait moins encore à l'éclat de sa naissance qu'à la vénération qu'inspiraient son noble caractère et ses rares vertus.

Avant d'abdiquer son autorité entre les mains d* Agnès, Radegonde avait adopté pour son couvent la règle de saint Césaire*. Dans cette règle,

i i Saiol Césaire avait institué celte règle poar un couvent de femmes Tonde par lui, vers 506, dans sa cité métropolitaine d'Arles, et dont il avait donné la direction à sa sœur sainte Césarie. Ce couvent, placé

comme dans celle de saint Benott , qui la remplaça plus tard , l'étude des lettres figure au premier rang des occupations de la communauté. Toutes les religieuses doivent y consacrer au moins deux heures par jour. Le reste de la journée se partage entre les exercices de piété et différents ouvrages manuels. On travaille en commun. Pendant ce temps, une des sœurs fait à haute voix une lecture édifiante. L'abstinence de la viande et du vin est sévèrement prescrite. La règle, néanmoins, permet quelques-unes des commodités de la vie, l'usage fréquent des bains, par exemple. De plus , pour procurer à l'esprit un peu de relâche, elle autorise certaines distractions, certains amusements même. C'est ainsi que, de temps à autre, on donnait dans l'intérieur du monastère des espèces de représentations théâtrales. Parfois aussi, bien qu'en général les communications avec le dehors fussent interdites, des évoques, des prêtres, de simples laïques même y recevaient une somptueuse et bienveillante hospitalité. On peut citer, entre autres, le poëte Fortunat. Italien de naissance , Fortunat était venu .en Gaule pour y faire un pèlerinage au tombeau de saint Martin. La curiosité ou le hasard l'ayant ensuite amené au monastère de Sainte-Croix , il y fut accueilli , sur le bruit de sa réputation de poëte , avec la plus flatteuse distinction par Agnès et Radegonde. Bientôt il se lia d'une étroite amitié avec ces deux femmes, qu'il appelait l'une sa sœur, l'autre sa mère. Renonçant,

d'abord sous TinTocaiion de, saint Jean, prit par la suite le nom de son fondateur, saint Césaire. ; -

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sur leurs instances , à retourner dans sa patrie , il s'établit à Poitiers , y prit les ordres et fut attaché en qualité de prêtre au service de l'église métropolitaine de cette ville. Dès lors s'établit entre le poëte et les deux recluses un commerce journalier de bons offices, de petits présents , de soins empressés et affectueux. En même temps , il était devenu comme l'intendant général de la communauté. C'était lui qui se chargeait de tout ce qu'il y avait de démarches à faire, de négociations à suivre, de mesures à prendre pour conserver intactes les riches possessions de l'abbaye. Nous aurons plus loin occasion de reparler de Fortunat.

Quant à Radegonde , elle prolongea sa vie jusqu'en 590. Elle mourut au milieu de ses religieuses éplorées, auxquelles, jusqu'au dernier moment , elle ne cessa d'adresser de consolantes paroles: « Mes filles bien-aimées , leur disait -elle, pourquoi vous désoler ainsi ? Réjouissez-vous bien plutôt ; car c'est la mort qui va me faire entrer en possession de la vie véritable ; c'est par elle que je vais recevoir l'héritage qui m'est. réservé dans le ciel. Mais je ne serai pas pour cela séparée de vous, mes chères filles. Vous aurez toujours en moi une mère tendre et dévouée ; mon cœur et ma pensée ne cesseront jamais d'habiter au milieu de vous. »»

En l'absence de l'évoque de Poitiers, ce fut Grégoire de Tours qui célébra la cérémonie des funérailles. La reine fut inhumée dans l'église du monastère de Sainte-Croix, où son tombeau existe encore*. Mais

4. Le monastère de Sainte-Croix est actueilemenl occupé par des relipjiMijtos qiii se consacrent à rédiicalion des jeunes llHes.

ses ossements ne s'y trouvent plus. Us ont élé brûlés et dispersés , pendant les guerres religieuses du xvr siècle.

Milnt CoUmban et le. meniMitère de l^uxeull.

Vers la fin du vi* siècle, on vit débarquer en Gaule, sur les côtes de l'Armorlque, un moine étranger appelé Colomban, qu'accompagnaient douze autres religieux. Il venait du monastère irlandais de Bangor\ Il y avait passé presque tout le temps de sa jeunesse, et s'y était fait remarquer de bonne heure par son savoir et sa piété. Colomban parcourut d'abord les diverses provinces de la Gaule franque, s'efforçant, par ses prédications, de rétablir dans quelques couvents où déjà de grands désordres commençaient à s'introduire , le respect de la règle et la réforme des mœurs. Ensuite il se retira dans les solitudes boisées et montagneuses des Vosges, et il y fonda, en 690, trois monastères, dont le plus célèbre est celui de Luxeuil.

A l'époque où Attila avait envahi les Gaules, Luxeuil (Lujovium) était une ville florissante. Mais elle fut prise par le fléau de Dieu, qui la détruisit de fond en comble, et lorsque le moine irlandais y arriva, elle ne présentait plus qu'un amas de ruines. Ce fut là, au milieu des décombres dont le sol était couvert, que Colomban jeta les fondements du nouveau cloître.

J . Ce monastère a donné naissance à la ville acluelle du même nom, située sur les côtes du golfe de Cairickfergus , au nord-est de i'ir- Inndc, dans le comté de Down, province d'Ulster.

Sa réputation de sainteté y attira bientôt une foule de religieux. Au bout de quelques années , on n'en comptait pas moins de trois cents , et ce nombre fut plus que doublé sous le troisième abbé de ce monastère*. Aussi vit-on bientôt des essaims de moines sortir de Luxeuil , pour aller bâtir dans Test et le nord-est de la Gaule franque des communautés du même ordre, lesquelles étaient comme autant de colonies de l'abbaye principale ".

Colomban dirigea d'abord lui-même l'établissement qu'il venait de fonder, et son premier soin fut d'y mettre en vigueur la règle qui porte son nom. Cette règle est d'une extrême austérité. Elle exige l'obéissance la plus aveugle, le silence le plus absolu, l'abstinence la plus sévère. Les moindres négligences sont rigoureusement punies , quelquefois même par des châtiments corporels. Sous cette dure discipline , qui semble ne tenir nul compte de la faiblesse humaine, le religieux n'a, pour ainsi dire, ni repos ni trêve.

4 Ce (iil alorg aussi que la ville de Luieuil commença à se relever de ses ruines. Aujourd'hui cheMieu d'arrondissement, elle Tait parlie du déparlement de la Haute-Saône. Elle est située au pied des Vosges, à l'extrémité d'une plaine fertile qu'arrose le Breuchin ( affluent de la Saône) et au nord-est de Vesoul.

Quant au monastère même de Luxeuil , d'où devaient sortir par la suite un grand nombre d'illustres docteurs et de saints évèques , il a subsisté jusqu'à la fin du siècle dernier. Les vastes bâtiments dont se composait l'antique abbaye, et qui furent reeonstniits à diverses époques, sont maintenant répartis entre divers établissements publics. Une des ailes de l'édifice principal est devenue un petit séminaire.

Ss. Lorsqu'une colonie de moines allait ainsi s'établir au loin, on lui donnait, pour la diriger, un prieur, qui gouvernait la communauté nouvelle au nom et sous les ordres de l'abbé, chef du monastère primilir.

Il ne peut aller chercher son lit que quand la fatigue a brisé ses membres ; il faut qu'il s'endorme en s'y rendant, et qu'après quelques heures à peine de sommeil , il se lève. Au reste , la loi monastique instituée par saint Colomban ne devait pas tarder à se fondre avec la règle plus modérée et plus sage de saint Benoît de Nursia.

Kies moines Incorporés dans le elergé* — Nouveaux progrès de la vie eénoblilque. — Services rendus à la civilisation par les ordres relli^enx.

Les moines, dans l'origine, ne faisaient pas partie du clergé. Toutefois ils n'étaient point confondus avec la foule des fidèles et tenaient, pour ainsi dire, le milieu entre ceux-ci et les prêtres. Peu à peu , mais surtout à partir du vi* siècle , ils demandèrent et obtinrent de partager les fonctions précédemment réservées aux ecclésiastiques. On vit alors de simples religieux , après avoir reçu l'onction sacerdotale , annoncer dans les églises la parole' sainte, administrer les sacrements , célébrer l'office divin , en un mot remplir tous les devoirs du sacré ministère, tandis que d'autres allaient au loin répandre chez les idolâtres les lumières de la foi chrétienne. Dès ce moment , les moines formèrent , sous le nom de clergé régulier ^^ une classe nombreuse dont la richesse, le crédit, la puissance s'accrurent de jour en jour.

Les progrès du monachisme avaient été rapides en Gaule du ïv« au vr siècle. Ils le furent plus encore

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