I . C'psl-â-dire Houmis A une règle i)8rticulière
dans les deux siècles suivants. Pendant cette seconde moitié de la période mérovingienne, tout le pa}s acheva de se couvrir de monastères. On accourait en foule dans ces pieuses retraites. Les uns y étaient attirés parle désir de vaquer, libres de tous les soucis, de toutes les préoccupations de la vie matérielle, à leur avancement dans les voies de la perfection chrétienne et au soûl de leur salut. Les autres, les femmes surtout, y cherchaient un refuge contre les violences auxquelles était alors en proie la société barbare. D'autres encore y venaient expier, dans le repentir, la pénitence et les larmes, les égarements ou les crimes dont ils s'étaient rendus coupables. Mais il s'en trouvait aussi un certain nombre qui ne se faisaient moines que par l'espoir de mener à l'avenir une existence indolente et oisive, et d'entrer en partage des avantages de toutes sortes dont le clergé régulier fut de bonne heure en possession. Ceux-là n'apportaient naturellement pas dans le cloîlre l'esprit d'obéissance, d'hmniUté et de renoncement qui est comme le fondement des vertus cénobitiques. De là trop souvent, au sein des monastères, le relâchement de la discipline, de graves abus et de tristes scandales, dont la répression nécessita par la suite les plus énergiques efforts de la part soit des conciles , soit des papes , soit de quelques illustres réformateurs des congrégations religieuses.
Mais quels qu'aient été, en divers temps, les désordres auxquels s'abandonna une partie du clergé régulier, n'oubUons pas les éminents services que les moines , en général , ont rendus à notre patrie. C'est
par eux gue les derniers restes du paganisme des anciens Francs ont été extirpés de la Gaule. C'est par eux aussi que les forêts, les landes, les marécages qui couvraient encore une partie du territoire, ont été défrichés ou desséchés et transformés en fertiles campagnes. De plus, en même temps que l'agriculture prenait un nouvel essor, les populations rurales se groupaient autour des monastères: il se formait ainsi des villages, qui devinrent ensuite de gros bourgs, puis des villes. Beaucoup de cités importantes dans notre pays n'ont pas d'autre origine *. Rappelons-nous enfin que ce sont les moines, et parmi eux l'ordre des Bénédictins principalement, qui ont transcrit et par là conservé pour la posténté la plupart des chefs-d'œuvre littéraires de la Grèce et de Rome. Ce bienfait seul suffirait pour leur mériter à jamais la reconnaissance de la France et avec elle du monde civilisé.
I. On peut citer, entre autres, les villes de Saint-Denis, Saint-Omer, Saint-Valery-snr-Somme, Saint-Amand (Nord), etc.
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GiNQUIEME REGIT.