‹ Récits de l'histoire de FranceChapitre 29 sur 87 · Voy. ce qui a élé dil plus haut, p · texte numérisé non relu

Voy. ce qui a élé dil plus haut, p

206 THËODEBERT U. — THIERRY II.

royaume. Ce décret reçut immédiatement son exécution. On enleva la yieille reine du palais de Metz, et on la transporta jusque sur le territoire d'Arcis-sur- Aube, non loin de la frontière de Bourgogne. Restée seule et dans le plus complet dénùment, elle errait à pied dans les vastes plaines de la Champagne, lorsque, suivant une vieiHe tradition, un pauvre mendiant, qui la reconnut, s'offrit à lui servir de guide. L'offre fut acceptée, et c'est sous la conduite de cet homme que Brunehaut se rendit à Chàlons-sur-Saône, où le roi Thierry faisait sa résidence (599).

Vklerry II et Théodebert il «mImmbI leani mnmÊm «•■4r« le roi de Meastrle et cestre le« TMi«eift«. — «omreraie* ment fiespotlque de BniBeluHit em Bevr^osMe*

L'exil de Brunehaut ne parut d'abord avoir altéré en rien la bonne intelligence qui avait toujours existé jusqu'alors entre les deux rois d'Ostrasie et de Bourgogne. On les vit même, l'année suivante (600j, s'unir de nouveau contre Clotaire pour prendre leur revanche de la défaite qu'ils avaient précédemment essuyée à Latofao. Une grande bataille eut lieu près du village de Dormeille'. Après une lutte acharnée, les Neustriens furent mis en pleine déroute, et le roi de Neuslrie n'échappa à une ruine totale , qu'en se soumettant aux conditions qu'il plut aux

< . Le village de Dormeille on Donnelles existe encore. 11 est situé â huit kilomètres sùd-est de Moret (Seine-et-Marne], sur la petite rivière d'Ôrvanne, qui se jëttë dans le Loing. Latofao, où, en 597, Tarmée de Frédégonde avait vaincu celle de Brunehaut (voy. p. 204), n'était probablement pal loin de là.

GLOTAIRE II. 207

vainqueurs de lui imposer. Dépouillé de la plus grande partie de ses États, il se trouva réduit à la possession de douze comtés entre la rive droite de la Seine et l'Océan. Tout le vaste territoire qu'il perdait par ce traité passa sous les lois de Théodebert et de Thierry, qui se le partagèrent.

Peu après, ces deux princes associèrent leurs armes pour combattre les Vascons ou Gascons. Ce petit peuple , originaire de l'Espagne , s'était , depuis assez longtemps déjà, établi sur le revers septentrional des Pyrénées, et de là il avait occupé de proche en proche tout le pays borné par ces montagnes, la mer et le cours de l'Adour, c'est-à-dire une portion considérable de la Novempopulanie ^ Irrités des incursions continuelles des Gascons dans l'Aquitaine et des ravages qu'ils y commettaient , les rois d'Ostrasie et de Bourgogne dirigèrent contre eux, de concert, une expédition C602). Ils furent rudement châtiés, et contraints de se soumettre à payer tribut. De plus , on leur imposa un duc , nommé Génialis , pour les gouverner à l'avenir , sous la suzeraineté des rois mérovingiens

Cependant Brunehaut, à peine arrivée à la cour de Châlons, avait promptement attiré àelle toute l'autorité. Bientôt , par son humeur altière et son despotisme , elle provoqua en Bourgogne les mêmes colères qui déjà lui avaient été si fatales en Ostrasie. En vain Jes leudes tentèrent de résister. L'exil , les conflsoa-

4 . Cette contrée ne devait pas tarder i perdre son nom romain de Novempnpnlanie, pour prendre, de ses nouveaux hahilants, celui de Vaiiconie.

lions , les supplices , lui firent raison de ceux d'entre eux qui s'obstinèrent à ne pas plier sous sa puissance. On vit môme un évêque, Didier*, payer de sa vie le courage avec lequel il s'était élevé contre les pernicieux conseils qu'elle donnait au jeune roi. Brunebaut n'osa pas, il est vrai, en venir à de telles extrémités à l'égard de saint Colomban', qui plus d'une fois avait également bravé son courroux, en lui adressant avec une liberté tout apostolique de justes et sévères reproches. Mais elle le. fit enlever par des soldats et traîner , à travers toute la Gaule , jusqu'à Nantes , pour y être embarqué sur un vaisseau qui devait le reconduire dans l'Irlande , sa patrie'. On eût dit qu'elle était résolue à ne plus gouverner désormais que par la terreur, et, dans son aveuglement, peu lui importait que son nom devint l'objet de la haine publique, pourvu qu'elle pût humilier et écraser tous ses ennemis. C'était aller elle-même au-devant de sa perte et courir aux abîmes. On ne lasse pas impunément la patience de toute une nation.

Page 1