Voy., plus haut, la note 3 de la page
prince. Alors Dagobert , craignant de voir se rallumer les feux de la guerre civile , consentit à céder à son frère une portion de Théritage paternel. Il lui abandonna donc la partie occidentale de la vaste province d'Aquitaine*, après avoir exigé de lui le serment que jamais il ne réclamerait rien de plus du royaume de leur père. Garibert alla fixer sa résidence à Toulouse, dans le palais des anciens rois visigoths, et, peu après, il épousa Gisèle, fille d'Amandus*, duc des Gascons. Son avènement avait été accueilli avec joie par les peuples du midi, heureux d'avoir à leur tête un chef à eux, un roi national, sous lequel ils pourraient, libres de la domination des barbares du nord de la Loire , former enfin un État indépendant. Mais cet espoir allait promptement s'évanouir. En 631 , Garibert mourut, et, au bout de quelques mois, l'aîné de ses trois fils, Ghilpéric, le suivit dans la tombe. Il paraît qu'il périt de mort violente , et la voix puWique , à tort ou à raison , accusa Dagobert de n'être point étranger à ce crime. Du moins est-il certain qu'il s'empressa d'en profiter. En effet, il fit immédiatement occuper l'Aquitaine par ses troupes, et, après avoir pris possession de ce royaume , il se proclama seul maître de l'empire des Francs. Gisèle n'eut plus alors d'autre ressource que de se retirer en
^ . C'est-à-dire le Toulousain , le Quercy , TAgénois , le Bordelais , le Périgord, laSaintonge , rAngoumois, le Poitou , et de plus la Vasconie ou Gascogne, qui, du reste , ne reconnaissait guère que de nom l'autorité des Mérovingiens.
2. Amandus avait succédé comme duc des Gascons à ce Génialis, dont il a été question ci-dessus , p. 207.
228 DAGOBERT l*'.
Gascogne avec ses deux autres fils, Boggis et Bertrand*. Le duc Amandus tenta bien, quelques années plus tard', de revendiquer à force ouverte les droits des deux jeunes princes; mais la tentative échoua. Défait en plusieurs rencontres, il fut contraint de faire sa soumission et de venir à la cour de Dagobert implorer le pardon de sa révolte. Au lieu d'abuser de sa victoire, comme on pouvait le craindre, le roi se laissa enfin fléchir en faveur de ses neveux, et même il consentit à ériger pour eux en duché héréditaire le pays sur lequel leur père avait régné , à la condition qu'Us reconnaîtraient sa souveraineté et celle de ses successeurs, et qu'ils payeraient un tribut annuel. On ignore si les deux frères gouvernèrent conjointement leur duché, ou s'il y eut entre eux un traité de partage. C'est de l'aîné , Boggis', que devaient descendre ces ducs d'Aquitaine qui , au vui* siècle , déployèrent tant d'énergie dans leur lutte. contre la famille d'Héristal.
PolnMinee extéiievre de Das«beri«— Claerre malkenrevae coHire les irénèdes* — CemmeHeemenit de la déeadeaee de l>iiiplre franc*
La mort de son frère Caribert et de son neveu Chilpéric avait fait de Dagobert I" le plus puissant des rois
4 . Le plus jeune des deux frères, Bertrand, était à peine âgé de quelques mois , au moment de la mort de son père.