‹ Récits de l'histoire de FranceChapitre 38 sur 87 · En · texte numérisé non relu

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3. A sa mort, en 688, il laissa le duché d'Aquitaine à son fils Eudes. Quant à Bertrand , il avait eu aussi un fils nommé Hubert. Mais celui-ci entra dans les ordres ( il Tut élu. plus lard évéque de Maèstricht , puis de Liège), et alors il se désista, en Taveur de son cousin, de tous ses droits

barbares dont les États s'étaient élevés sur les ruines de l'empire d'Occident. A l'exception de la Septimanie, la Gaule tout entière obéissait à ses lois. Au delà du Rhin , les divers peuples germaniques , Frisons S Saxons, Thuringiens, Allemands et Bavarois, étaient ses tributaires. Une aussi vaste domination l'avait rendu, en quelque sorte, l'arbitre des nations voisines, auxquelles son nom seul imprimait un respect mêlé de crainte. Les Lombards s'étaient placés d'eux-mêmes sous son patronage ; ils le laissaient s'immiscer dans leurs affaires intérieures , et , s'il avait quelque guerre à soutenir, ils envoyaient leurs troupes combattre comme auxiliaires sous ses étendards. En Espagne, l'appui de ses armes faisait monter sur le trône, à la place du roi régnant, Suintila, qui fut contraint d'abdiquer, un seigneur visigoth nommé Sisenand. D'autre part, les peuplades à moitié sauvages qui habitaient la vallée du Danube, invoquaient sa protection et offraient de se donner à lui. Enfin , la cour de Constantinople ', non moins désireuse de s'assurer l'alliance de ce prince, renouvelait avec empressement les traités qui, à diverses époques,#avaient uni les empereurs d'Orient et les rois successeurs de Clovis.

A l'héritage paternel. II mourut vers 727 et rut canonisé. C'est ce même saint Hubert qui est devenu le patron des chasseurs.

4 . Le pays occupé par les Frisons s'étendait, le long de la mer du Nord, entre le cours inférieur du Rhin et l'embouchure de l'Ems. 11 confinait, vers le sud, au territoire de celles d'entre les peuplades fhinques qui étaient res tées sur la rive droite du Rhin.

2. C'était Héraclius qui régnait alors sur l'empire d'Orient.

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Malgré cet éclat extérieur, la monarchie mérovingienne penchait déjà vers son décUn. Épuisés par plus d'un demi-siècle de discordes intestines et de luttes sanglantes, les Francs n'avaient plus la même vigueur, et ils allaient voir se dissiper peu à peu l'espèce de prestige qui les entourait naguère et la terreur qu'ils avaient si longtemps inspirée à leurs ennemis. D'ailleurs Dagobert, bien qu'il ne manquât pas de bravoure, n'avait point le génie guerrier des premiers princes de sa race. Une expédition où ses troupes essuyèrent un grave échec, en révélant tout à coup à l'Europe étonnée le secret de la faiblesse de ce prince et de son peuple , fut comme le signal de la décadence de l'empire franc. Voici ce qui avait donné lieu à cette expédition.

Les Vénèdes, peuple slave*, qui, depuis environ quatre-vingts ans , étaient venus s'établir dans la Bohême ", avaient été longtemps soumis aux Avares. Enfin, poussés à bout par les vexations et les outrages * dont les accablaient ces insolents dominateurs, ils résolurent de secouer le joug. La guerre était allumée entre leê deux nations , lorsqu'un marchand 'd'origine iranque, nommé Samon, qui voyageait pour les intérêts de son commerce, vint à passer par la Bohême.

4 . On désignait sous le nom commun de Slaves un grand nombre de tribus barbares qui habitaient , les unes i l'orient de la Germanie , les autres entre le Danube et la mer Adriatique. Quelquefois, par extension, Ton appelait Vénèdes tous ceux de ces peuples qui se trouvaient compris entre l'Elbe et la Vistule.

2. Les Vénèdes ou Slaves de la Bohème se donnaient à eux-mêmes le nom de Tchèques , qu'ils quittèrent bientôt pour prendre celui de Bohémiens , emprunté à leur nouvelle patrie.

n offrit aux Vénèdes ses services, qui furent acceptés. Bientôt , par son habileté et son courage , il triompha complètement des Avares , et le peuple que les victoires de cet heureux aventurier avaient affranchi de la servitude, lui témoigna sa reconnaissance en le proclamant roi (623).

Huit ans après (631 j, il arriva que d'autres marchands, compatriotes de Samon, furent attaqués, pillés et pour la plupart massacrés en traversant le territoire des Vénèdes. Dagobert fit aussitôt porter de justes plaintes au nouveau chef de ces peuples inhospitaUers et barbares. Mais celui-ci, dans la crainte sans doute de mécontenter ses sujets, montra fort peu d'empressement à accorder la réparation qu'on lui demandait; et, comme l'ambassadeur franc prétendait l'amener à reconnaître qu'il devait obéissance au roi mérovingien : « Soit! répondit Samon, pourvu qu'il fasse en sorte de vivre en bonne amitié avec nous. — Quoi! s'écria l'envoyé de Dagobert, des chrétiens, serviteurs de Dieu, auraient pour alliés et pour amis des païens*, des chiens comme vous! — Prenez garde, répliqua fièrement le marchand couronné „ que ces chiens ne vous fassent voir qu'ils savent mordre qui les outrage! » Et il chassa de sa présence le téméraire ambassadeur.

Dagobert commença aussitôt les hostilités. Deux armées, l'une d'Allemands, l'autre de Lombards, s'étant mises en marche, par son ordre, vers la frontière

4 . C'est seulement dans le cours du ix* et du x* siècle que les Vénèdes de laBohôme et les autres peuples slaves, leurs voisins, embrassèrent le christianisme.

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méridionale du royaume de Samou , dispersèrent les troupes qui leur étaient opposées, dévastèrent le pays et ne se retirèrent qu'après avoir fait un riche butin. Mais les Francs ostrasiens, qui formaient une troir sième armée, furent loin d*avoir le même succès dans l'attaque qu'ils dirigèrent contre la partie occidentale du pays des Yénèdes. Samon s'était posté, avec l'élite de ses soldats, dans un lieu nommé Yogastibourg'. Les troupes ostrasiennes l'y attaquèrent. Le combat dura, dit-on, trois jours, et se termina par l'entière défaite des Francs, qui, pour fuir plus vite, abandonnèrent leurs tentes et tous leurs bagages. Les vainqueurs les poursuivirent fort loin du champ de bataille ; puis ils ravagèrent la Thuringe et les autres possessions des Mérovingiens dans la Germanie. Alors Dagobert, rassemblant de nouvelles forces, marcha en personne contre Samon , pour venger l'affront fait à ses armes. Au moment où il allait passer le Rhin, les Saxons lui envoyèrent otTrir de se charger seuls du soin de repousser les Yénèdes , à la condition de ne plus payer désormais le tribut auquel ils étaient assujettis envers les Francs. Dagobert eut la faiblesse d'y consentir : c'était là une grande faute. En effet, une fois qu'ils eurent ainsi pleinement recouvré leur indépendance, les Saxons oublièrent de tenir leur promesse; les Yénèdes purent donc impunément recommencer leurs incursions, et le prince dont ils semblaient ainsi braver la puissance comprit trop tard qu'un roi doit compter avant tout sur son peuple

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