‹ Récits de l'histoire de FranceChapitre 4 sur 87 · CVst aujourd'hui l'tle Saint- Jean · texte numérisé non relu

CVst aujourd'hui l'tle Saint- Jean

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menaces de Théodoric, il ne songea plus qu'à la guerre. Ses préparatifs terminés , il rassembla à Paris ses soldais et leur^dit : « Je supporte avec peine que ces Visigoths, qui sont ariens, possèdent une partie des Gaules. Marchons contre eux avec l'aide de Dieu , et , après les avoir défaits , soumettons leur pays à notre domination. » A ces paroles de leur chef , tous les soldats répondent qu'ils sont prêts à le suivre. Puis , conformément à un vieil usage de leur nation , ils jurent de laisser croître leur barbe , jusqu'à ce qu'ils aient vaincu l'ennemi.

Bientôt l'armée se mit en marche. Quand on fut arrivé sur le territoire de Tours , Clovis envoya quelque» uns de ses officiers porter, en son nom, de riches présents sur le tombeau de saint Martin , l'illustre patron des Gaules. Il leur avait aussi recommandé de bien prendre garde, lorsqu'ils entreraient dans la l)asilique, aux paroles que chanteraient alors les prêtres*, et de les lui rapporter exactement , afin qu'il sût ce qu'il devait augurer du succès de son entreprise*. Les officiers exécutèrent les ordres qu'ils avaient reçus, et, de retour auprès de Clovis, ils lui dirent

4. L'église de Saint-Martin de Tours était une de celles où des chœurs de prêtres, se relevant à différentes lieares, faisaient sans cesse entendre le chant des psaumes , la nuit comme le jour. C'est ce qu'on appelait la psalmodie ptrpituêlU»

2. C'était alors un usage fort répandu de chercher ainsi à connaître l'avenir, eh s'appliquant à soi-même le sens des premiers passages de l'Écriture sainte qu'on entendait prononcer, ou qai s'offraient d'abord à la vue, quand on ouvrait le livre. On appelait cela consulter les sorts des saints. Cette coutume superstitieuse, souvent blâmée par l'Église, ne cessa que sous Charlemagne.

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qu'à rinstant même où ils franchissaient le seuil de l'église, le chœur entonnait ces deux versets du çsaume xtii :

« Seigneur, vous m'avez revêtu de force pour le combat ; vous avez renversé sous mes pieds ceux qui s'étaient élevés contre moi.

« Par votre secours , mes ennemis ont été forcés de tourner le dos , et vous avez exterminé ceux qui me haïssaient. »

Le récit des envoyés du roi fut accueilli comme un gage certain de victoire. L'ardeur et la confiance des troupes s'accrurent encore par quelques circonstances, qui n'avaient sans doute rien que de fort naturel, mais dans lesquelles nos anciens historiens, toujours amateurs du mer\eilleux, ont voulu voir autant de prodiges et de signes manifestes de la protection du ciel en faveur de Clovis. C'est ainsi, à les en croire, que , quand les Francs furent arrivés sur les bords de la Vienne, alors considérablement grossie par des pluies d'orage, une biche d'une menmlleuse grandeur sortit tout à coup d'un bois voisin, et, traversant la rivière sans se mettre à la nage, leur indiqua par là le gué qu'ils cherchaient. C'est ainsi encore , d'après les mêmes historiens, qu'un globe de feu apparut au sommet de la principale église de Poitiers * , pour éclairer pendant la nuit la marche des troupes, comme celte colonne lumineuse qui, lorsque les Hébreux sorli-

f . Celle église était placée sons rinvocatinn de saint Hilaire, rinratigahlc adTeraaire des ariens (Voy., au tome précédent, xi* récit, Thistoire de ce célèbre évéqiie de Poitiers).

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rent d*Égypte, guidait leurs pas vers la terre promise *.

A rapproche de Tennemi, Alaric leva son camp qu'il avait établi au pied même des remparts de Poitiers et battit en relraile. Il voulait se replier derrière la Charente, pour y attendre, dans quelque forte position, l'arrivée des renforts que devait lui envoyer le roi des Ostrogoths. C'était, au reste, le conseil que lui donnaient les plus sages de ses officiers. Mais tel ne fut point l'avis du plus grand nombre, qui, s'indignant de la prudente circonspection de leur chef, demandaient à grands cris qu'on les menât au combat. Le tumulte et la confusion régnaient encore dans l'armée des Visigoths, quand Clovis parut avec ses troupes. Alaric, pour son malheur, eut la faiblesse de céder aux murmures et aux clameurs de ses soldats , et , faisant volte-face , il accepta la bataille. L'action s'engagea dans les champs de Vouglé ou Vouillé, sur les bords de la petite rivière du Clain, un peu au sud de Poitiers (507). Les Visigoths voulurent d'abord se servir de leurs armes de trait; les Francs ne leur en laissèrent pas le temps. En effet, ils eurent à peine essuyé une première décharge, que, s' élançant sur les ennemis, Tépée et la hache à la main, ils les contraignirent à combattre corps à corps. Dans cette journée, qui allait décider du sort de deux puissantes nations, Clovis fit des prodiges de bravoure. Tout à coup , au

4. Il est probable que ce globe de Teu n'élail autre chose qu'un signal Tait à Clovis par ses partisans.

milieu de la mêlée , il recojinatt Alaric. Il se précipite sur lui, l'attaque avec fureur, le renverse à terre et lui porte dans le flanc un coup mortel. Hais peu s'en fallut que lui-même ne pérît enseveli dans son propre triomphe. Deux soldats visigoths, qui n'avaient pu arriver à temps pour sauver leur prince , fondirent ensemble sur Clovis , et, le frappant des deux côtés à la fois , ils s'efforçaient de le percer de leurs lances : grâce à la solidité de son armure et à la vigueur de son cheval , le chef saUen échappa au péril.

La mort d'Alaric fut comme le signal de la défaite des siens. Ces guerriers, si arrogants avant la bataille, n'eurent pas plutôt vu tomber leur roi , qu'ils se mirent à fuir de tous côtés. La déroute fut complète. Les seuls Arvernes, qui combattaient comme auxiliaires dans les rangs de l'armée des Visigoths, et qui avaient à leur tête le fils du poëte Sidoine Apollinaire, opposèrent aux Francs une résistance désespérée, et justifièrent ainsi leur vieille réputation de vaillance. Ils succombèrent à la fin et furent taillés en pièces. Grand nombre de leurs plus illustres citoyens restèrent parmi les morts.

Le roi Alaric II laissait en mourant un fils dans l'enfance et un royaume troublé par lus discordes civiles. Aussi le vainqueur de Vouglé somnit-il , presque sans combat, toute l'Aquitaine. Les villes les plus puissantes, telles que Bordeaux et Toulouse, s'empressèrent de lui ouvrir leurs portes. Déjà même les Francs avaient attaqué la Septimanie* et la Provence;

1. C'est, à ce qu'il paraît, vers le milieu du m* siècle, qiie Ton avait

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et c'en était fait de toutes les possessions des Visigotbs dans la Gaule, si Théodoric ne se fût hâté d'intervenir pour sauver ces deux provinces. Par son ordre, Ibbas, Funde se» généraux, franchit les Alpes avec des forces considérables, et se porta d'abord au secours de la ville d'Arles, que Thierry, fils aîné de Clovis , à la tête d'une armée de Francs et de Bourguignons auxiliaires, bloquait étroitement et qui déjà se trouvait réduite aux dernières extrémités'. Ibbas livra bataille à ce prince, le défit et dégagea la place. Ensuite, marchant contre Clovis lui-même, il l'obligea à lever le siège de la forte ville de Carcassonne (508). C'est là le seul échec

commencé à désigner bous ce nom le pays compris entre la partie orientale de la chaîne des Pyrénées, les Cévennes, la petite rivière de l'Ardèche, le Rhône et la mer. Ce pays correspondait à la Narbonaise première, moins Toulouse et son territoire. On croit qu'il ftit appelé Septimanie, k cause des sept villes principales qu'il renrermait, à savoir : Elne, Carcassonne, Narbonne, Béziers, Maguelone (aujourd'hui simple village], Lodève et Ntmes.

I . Arles avait alors pour évéque l'illustre saint Césaire. Devenu suspect aux Visigoths et i leurs partisans , il faillit périr au milieu d'une émeute, et n'échappa i la ftireur des ariens, ses ennemis , que pour être jeté dans une prison , où on le tint renfermé jusqu'à la fin du siège.

C'est en 501 que les habitants d'Arles avaient choisi Césaire pour leur pasteur. Doué d'une éloquence simple, facile, entraînante, il exerçail avec lout le zèle d'un apôtre le ministère de la parole évangélique. Mais ce qui le distinguait surtout, c'était sa charité immense, inépuisable. Tout ce qu'il possédait, il le consacrait au soulagement des malheureux. Une fois même , pour racheter des captifs , il vendit jusqu'aux ornementa de son église. Quelques personnes en murmurèrent, comme d'un exce de zèle. Instruit de ces murmures, l'évèque se contenta de répondre « Ceux qui blâment ma conduite seraient-ils fâchés qn'on en fit autant pour eux? » Il ajouta ces belles paroles : « Non, Dieu ne peut condamner un pareil emploi des objets matériels qui servent à son culte , quand il s'est donné lui-même pour racheter les hommes. » Césaire mourut en 643, & l'âge de soixante-treize ans.

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que le roi des Saliens ait jamais éprouvé , dans tout le cours de ses guerres.

SBiréc trlomi^hale de Clovla dans la ville de Veara* — Demlerii éTénemeiilfi du rèyiie de ce prliiee. — fM ■leri.

Contraint de renoncer à pousser plus loin ses conquèteSy Clovis rentra dans l'Aquitaine. Une seule cité résistait encore : c'était Angoulôme , dernier refuge des Visigoths dans cette partie des Gaules. Elle fut emportée d'assaut. Le roi des Francs y laissa une assez nombreuse garnison. Il mit également des troupes dans quelques autres places fortes, afin que leur présence contînt le pays et empêchât toute tentative de révoJte de la part des vaincus. Après quoi il reprit la route de Tours. 11 trouva dans celte ville les ambassadeurs de l'empereur d'Orient , Anastase, qui venaient, au nom de ce prince, le féliciter de ses victoires et lui proposer une ligue offensive et défensive contre les Visigothset les Oslrogdlhs , leurs communs ennemis. En même temps, l'empereur lui envoyait les insignes de la dignité consulaire. Clovis accepta avec empressement cette distinction flatteuse, et, à cette occasion, il célébra une fête brillante. Revêtu de la tunique de pourpre et de la chlamyde*, et le front ceint d'un diadème orné de pierreries , il monta à cheval près de la basilique de Saint-Martin, pour se rendre de là à la cathédrale de

i . La chlamyde était une sorte de long manteau qui , chez les Romains du temps de l'empire, avait peu à [>eu remplacé la toge. Les rois mérovingiens en adoptèrent Vusage pow les cérémonies publiques.

Tours, et traversa, comme en triomphe, toute' la ville, jetant des poignées de pièces d'or et d'argent à la foule du peuple , qui le saluait, sur son passage, des noms de consul et d'Auguste (508). Peu après , il retourna à Paris, où il fixa sa résidence.

La fin de ce règne, dont les commencements avaient jeté tant d'éclat, fut souillée par une horrible série de crimes.

Jusqu'alors Clovis n'avait commandé qu'à la seule tribu des Saliens, chacune des autres tribus franques continuant d'avoir son roi particulier. La puissance de ces rois , quoique bien inférieure à la sienne, ne laissait pas de lui porter ombrage. Il ne voyait en eux que de dangereux rivaux, de secrets ennemis qui se déclareraient à la première occasion. Pour se délivrer de ce souci, il résolut de les faire tous périr, de s'emparer de leurs États et de réunir ainsi sous son pouvoir la nation franque tout entière.

Sigebert, roi de Cologne, fut sa première victime. Il avait été riagu^e grièvement blessé, en payant bravement de sa personne à Tolbiac. Mais ce souvenir même ne put lui servir de sauve-garde. Par ses perfides suggestions , Clovis vint à bout de faire naître dans l'àme de Chlodéric, fils de ce prince, l'horrible pensée de tuer son père, pour monter plus tôt sur le trône. Le crime fut commis dans la forêt Buconia (sur la rive droite du Rhin et à peu de distance de Cologne). Un jour que l'infortuné Sigebert était entré dans sa tente, vers l'heure de midi, pour prendre un peu de repos, des assassins, soudoyés par son fils, se précipitèrent sur lui et le poignardèrent pendant son sommeil.

Aussitôt le parricide Chlodéric fit dire au roi des Saliens : « Mon père est mort, et j'ai en mon pouvoir son trésor et son royaume. Envoie-moi quelques-uns des tiens, et je m'empresserai de leur remettre pour toi la part qui te plaira dans les richesses qui maintenant m'appartiennent. » Clovis répondit : « Je te rends grâces de ta bonne volonté, et désire seulement que tu fasses voir ton trésor à ceux qui iront te trouver en mon nom ; après quoi , tu en resteras seul possesseur. » Le crédule Chlodéric fit ce qu'on lui demandait. Mais tandis qu'il montrait avec complaisance aux messagers saliens le coffre où son père avait coutume d'enfermer ses pièces d'or, l'un d'eux , levant tout à coup sa francisque , lui en fracassa le crâne et l'étendit mort à ses pieds. Dès qu'il eut reçu la nouvelle de cet événement, Clovis se hâta d'accourir à Cologne, et là, ayant convoqué une assemblée générale des Ripuaires, il leur adressa un discours où l'on ne sait ce qui l'emporte de l'hypocrisie ou de l'impudence» « Apprenez, leur dit-il, ce qui est arrivé. Pendant que je naviguais sur l'Escaut, Chlodéric» fils de mon parent, inquiétait et tourmentait son père, lui répétant sans cesse que je voulais le tuer. Et comme Sigebert fuyait à travers la forêt Buconia, Chlodéric a envoyé contre lui des brigands qui l'ont assassiné. Ensuite lui-même, tandis qu'il visitait les trésors de son père, a été frappé à son tour. Par qui? Je l'ignorci Je ne suis pour rien dans tout cela. Je ne puis répandre le sang de mes proches*; ca c'est un crime.

4 . Les rois qui régliïiient sur les diverses tribus franques étaient tous, comme Clovid lui-même, de la race méroYingienne.

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Mais culin, puisque le mal est fait, je vous donne un conseil que vous adopterez s'il vous convient : c'est d* mettre en moi toutes vos espérances et de vous placer sous ma protection. » Ces paroles, prononcées du ton de la plus parfaite bonne foi , eurent un plein succès auprès des Ripuaires, qui les accueillirent par d'unanimes acclamations, et en entrechoquant à grand bruit leurs boucliers. Puis, les principaux d'entre eux ayant élevé Glovis sur un pavois, le promenèrent dans les rangs de l'assemblée , qui le proclama roi.

Ce prince n'en resta pas là. Mêlant toujours l'artifice à lacraauté, il se débarrassa également des autres chefs établis à Cambrai, au Mans*, à Thérouanne. C'est ainsi qu'il parvint à étendre son autorité sur toutes les tribus du peuple franc. Mais, par un juste jugement de la Providence, il ne devait pas jouir longtemps de cet accroissement de pouvoir, acheté au prix de tant de forfaits. 11 mourut le 27 novembre 511, dans la trentième année de son règne*.

caraetère de Clovlit.

Clovis n*avait que quaranle-cinq ans, lorsque 'la mort vint interrompre sa carrière. Mais il avait assez vécu pour se faire un nom dont la mémoire ne devait

1 . Le pelil royaume franc dont la ville du Mans était la capitale , paraît n'avoir été fondé qu'après la bataille do Solssons. Sur ce point, du reste , on en est réduit aux conjectures.

2. Qovis fut enterré à Paris, dans la basilique des Saiuls- Apôtres (nommée plus tard église Sainte-Geneviève).

point périr parmi les hommes, et pour asseoir les fondements d'un vaste et puissant empire. Comme guerrier, comme conquérant, c'est sans contredit le plus illustre des rois mérovingiens. Vraiment digne de commander à une nation éprise de la gloire des armes, il affrontait avec 1^ plus intrépide courage les périls du champ de bataille, et il voulait être le premier des Francs par sa bravoure, comme il Tétait par son rang et sa naissance. Hardi, entreprenant et trèsprompt à se décider, môme dans les conjonctures les plus critiques, il savait, toutefois, tempérer parla prudeni» Taudace et l'impétuosité naturelles de son caractère ; attendre, pour agir, le moment favorable , et préparer avec une sage lenteur le succès de ses desseins. L'entreprise une fois commencée, il en poursuivait l'exécution avec vigueur, et les obstacles tombaient bientôt devant cette volonté si ferme et si persévérante. D'une activité infatigable , il eut presque constamment les armes à la main , et chaque victoire fut pour lui comme un acheminement à des victoires nouvelles. Les qualités supérieures qu'il déploya dans la conduite de la guerre, lui avaient conquis l'admiration des Francs ; sa sévérité inexorable créa et maintint parmi eux une discipUne qu'ils n'avaient jamais connue , et il semble avoir été plus jaloux encore de se faire respecter et craindre de ses soldats que de s*en faire aimer.

Par un rare assemblage des talents les plus divers, Clovis n'était pas moins habile à gouverner ses États qu'à gagner des batailles. Il sut faire vivre sous ses lois des peuples différents d'origine, de mœurs, de

langage, et, plus heureux que les rois des Bourguignons et des Visigoths, il ne vit point les vaincus conspirer contre son autorité et appeler l'ennemi au cœur de son empire. De bonne heure il avait compris que les évoques seuls, par l'influence qu'ils exerçaient sur la population gallo-romaine , pouvaient la disposer à la soumission et au respect dus à sa personne. Aussi n'eut-il rien tant à cœur que de se concilier leurs sympathies et leur appui. Il y parvint tout d'abord par le fait même de sa conversion, et, depuis lors, il travailla sans relâche à resserrer chaque jour davantage les liens de cette utile alliance , tant par la déférence qu'il leur témoignait en toute occasion , que par les libéralités* et les privilèges" dont il se plut à les combler, jusqu'à la fin de son règne.

Malheureusement Clovis parait s'être mis peu en peine de pratiquer les préceptes de la nouvelle religion qu'il avait embrassée. Chrétien, il continua de se livrer à toute la fougue de ses passions, avec la même violence qu'il avait pu le faire alors qu*il était encore plongé dans les ténèbres du paganisme. Son insatiable ambition lui fit entreprendre des guerres évidemment injustes. Infidèle à ses serments, il ne rougissait pas de rompre , sans autre motif que son

4 . C'est ainsi, par exemple , qu'il Concéda i l'église de Reims de vastes propriétés dans les diverses provinces de son royaume. Le chroniqueur Frodoard raconte, entre autres , qu'un jour Glovis offrit à saint Rémi de lui donner et qu'il lui donna, en effet, toiit le terrain ^'il pourrait parcourir, tandis que lui-même Terait sa méridienne. Beaucoup d'autres évèques eurent également part aux libéralités du roi des Frslnos.

2. Nous aurons occasion de parler ailleurs (dans lé cours du xiv* récit) des privilèges du clergé et, en particulier, du droit d'asile.

intérêt, les traités les plus solennels. Implacable dans ses ressentiments et dans ses haines, il ne dissimulait quelquefois les injures reçues que pour mieux assurer sa vengeance. Enfin la perfidie et la cruauté de ce prince n'épargnèrent pas même ses proches. C'est là surtout ce qui a terni la splendeur d'un règne qu'avaient signalé les plus brillants exploits, et imprimé une souillure ineffaçable à ce nom, d'ailleurs si glorieux, de Qovis.

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