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:h4 moeurs et coutumes

et l'arc. On commençail aussi, dès cette époque, à tenir à honneur d'avoir des meutes nombreuses et des faucons dressés à poursuivre et à saisir leur proie au milieu des airs.

Les combats de bêtes féroces, si chers aux Romains des derniers temps de l'empire, étaient également un des spectacles favoris des Francs, sous la première race *. Quant aux jeux du cirque, ils devinrent de plus en plus rares après la conquête, el bientôt même ils cessèrent entièrement. Chilpéric paratt avoir été le dernier roi mérovingien, qui, à l'imitation des Césars , ait donné au peuple des jeux et des spectacles •.

Les festins occupaient toujours une grande place dans les plaisirs des nouveaux maîtres de la Gaule. Ils s'y rendaient tout armés, comme autrefois en Germanie, lorsque le chef de bande , au retour de quelque expé- . dilion guerrière, réunissait dans un joyeux banquet les compagnons de ses fatigues et de ses périls. C'était encore à peu près la môme simplicité un peu grossière dans le choix des mets et dans la manière de les apprêter; c'était aussi la môme intempérance, et le repas se prolongeait presque toujours fort avant dans la nuit. Les Francs n'avaient point adopté la coutume efféminée des Romains de manger à moitié

4 . Il esl probable que ces combats avaient lieu d'ordinaire dans les amphithéâtres construits autrefois par les empereurs romains.

2. On a vu plus haut (p. 67], que Justinibn, à l'époque où il recherchait Talliance des rois francs, les avait autorisés à présider dans la>iUe d'Arles aux jeux du cirque, i l'exemple des anciens empereurs d'Occident. Pour ce qui est des spectacles donnés au peuple par Chilpéric , nous en avons parlé dans notre vi« récit (p. 4 36).

couchés sur des lits * , Le plus souvent, de simples bancs leur servaient de sièges, et les convives faisaient éclater une joie bruyante, lorsque, sur une table rustique et à la lueur des torches que les esclaves tenaient à la main en guise de flambeaux, ils voyaient rangés en ordre de larges brocs remplis de cervoise , de cidre ou de ce vin de Gaza*, si renommé alors, et que, par un bizarre usage, on mélangeait de miel et d'absinthe. Les riches Gallo -Romains y mettaient plus de recherche et de luxe. Ils aimaient à orner la salle du festin de draperies et de guirlandes de fleurs ; des viandes , des mets de toute sorte , apprêtés avec tous les raffinements de Fart cuhnaire, surchargeaient la table, faite de quelque bois précieux et artistement travaillé, et que recouvrait une nappe de toile fine; de belles coupes pleines d'un vin parfumé passaient de main en main , et parfois les accords de la musique venaient charmer les oreilles des convives. Toutefois , à mesure que Ton avance vers la fin de l'époque mérovingienne, on voit cesser parmi les vaincus ces habitudes d'une vie élégante. La rudesse et la grossièreté des mœurs gagnant de proche en proche, les festins des Gallo-Romains ne différèrent plus guère , sous ce rapport, de ceux des Francs.

4 . Il est probable que , parmi les Gallo-Romains , les riches seuls avaient adopté cet usage, qui parait, au reste, n'avoir cessé entièrenaent qu'an xiu* siècle.

2. Gaza, ville de la côte de Syrie, prés de la rronllère d'Egypte-

3iO MOEURS ET COUTUMES

A0rle«lt«re, IsdiaAftrle et emwumrrrr»

Nous avons dit ailleurs* combien rétablissement de la domination romaine en Gaule , y avait été favorable aux progrès de l'agriculture. Mais ces progrès s'arrêtèrent tout à coup à Fépoque des invasions barbares et par suite des efTroyables dévastations auxquelles le pays demeura en proie, pendant presque toute la durée de la période mérovingienne. Ajoutez que, par un préjugé aussi absurde que funeste, l'agriculture était tombée dans le plus profond mépris. Un homme de guerre eût cru se déshonorer, s'il eût labouré luimême son champ. Il abandonnait ce soin à ses esclaves. Les moines étaient les seuls hommes libres qui cultivassent alors le sol, et c'est grâce à eux que, du V* au vnr siècle, une partie des terres que les ravages de la guerre avaient changées en solitudes , furent défrichées et rendues à la culture.

Les mêmes causes avaient amené la décadence rapide de l'industrie gauloise. Elle se ranima toutefois , mais faiblement, à mesure que se calmait la première fureur des invasions. Ce n'était pas seidement le petit peuple (pii exerçait les métiers et les arts mécaniques, mais aussi tous ceux des esclaves qu'on n'employait pas au travail des champs ou au service personnel de leurs maîtres.

L'état languissant de l'industrie à cette époque nous dit assez ce que devait être le commerce, principalement le commerce intérieur. D'ailleurs, le peu de se-

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