Voir la note 2 de la page
2. «Son ouvrage, dit M. Guizot {Histoire de la' civilisation en France ^ tome lî, p. 496), est trèa-inférieur à celui de Grégoire de Totini. C'est une chronique générale divisée en cinq livres, et qui commence à la création du monde. Le cinquième livre seul est curieux ; (î*est celui où ]& narration de Grégoire de Tours est reprise, et poussée jusqu'en 644. Cette continuation n'a même de valeur que par les renseignements qu'elle contient, et parce qu'il n'en existe presqu'aucune autre sur la inême époque. Elle n'a, du reste, aucun mérite littéraire, et, sauf dada deux passages, ne contient aucun tableau un peu détaillé, ne répand aucune lumière sur l'état de la société et des mœurs. »
3. Voir sur les poésies de Fortunat , la note 4 de la page 4 4 5.
sance^ Dans un de ses poèmes, parlant dés Francs de la cour d'Ostrasie : « Pour eux, dit-il, nulle différence entre le cri de Foie et le chant du cygne. On n'entend que leurs voix discordantes et les sons de leurs harpes sauvages, tandis qu'ils entrechoquent avec fureur leurs coupes de bois d'érable.... Et moi, fatigué d'une longue course et de leurs grossiers banquets, sous un ciel froid et brumeux, invoquant ma muse à moitié ivre, à. moitié gelée, nouvel Orphée, je jetais mes chants aux forêts. » Comment la poésie eût-elle pu vivre au sein d'une telle barbarie?
Dans la seconde moitié de la période mérovingienne, un seul genre de composition littéraire fut cultivé ave«^ une ardeur vraiment passionnée : c'est la légende.. On entend par ce mot le récit de la vie des saints, récit puisé surtout dans les traditions populaires, et qui, par un perpétuel mélange de faits , les uns d'une certitude incontestable, les autres, au contraire, d'une authenticité plus que douteuse, tient, pour ainsi dire, le milieu entre l'histoire et la fiction. Le nombre des légendes composées à l'époque dont nous parlons est quelque chose de prodigieux, et leur succès fut im* mense. Cela se comprend. Elles seules fournissaient un aliment à la curiosité des esprits. Seules, en retraçant les vertus de ceux dont elles racontaient la vie, elles consolaient les âmes du triste spectacle des violences, des vices et des crimes de la société contemporaine. On en pourra juger par l'anecdote suivante , choisie entre une foule d'autres du même genre. Elle est tirée