MOEURS ET COUTUMES DE LA GAULE FRAIVQUE
faut, avec cet accent de vérité, avec cette simplicité touchante. Souvent , en effet, elles amenèrent en fictions puériles, en &bles absurdes, ridicules, extravagantes. Hais même alors eUes charmaient encore les imaginations populaires ; car elles répondaient à un sentiment inné dans le cœur de l'homme , et d'autant plus puissant que son intelligence est moins cultivée, Taraour du merveiDeux.
A mesure qu'on avance vers la fin de la période mérovingienne, on voit le clergé, demeuré seul fidèle au culte des lettres, s'eflbreer en vain de lutter contre la barbarie, dont les ténèbres l'enveloppaient de toutes parts. Ses écoles S partout substituées à celles qu'avaient autrefois fondées les empereurs, et que l'invasion avait fait complètement disparaître , furent bientôt à leur tour désertes et silencieuses. Lui-même ne tarda pas à partager l'ignorance générale, et c'est alors qu'on vit des clercs qui ne savaient pas même lire.
Ainsi l'étude des lettres était complètement abandonnée dans la Gaule franque au commencement du viii* siècle. Il était temps que parût Charlemagne.
I. I^t écoleB ecclésiastiques étaient de deux sortes. Les unes, établies près de chaque cathédrale et dirigées par Tévèque diocésain, portaient, pour cette raison, le nom d'écoles épiscopales. On appelait les autres monastiques, parce qu'elles étaient placées dans l'intérieur même des monastères soit d'hommes, soit de femmes.
Le clergé commença aussi, durant la période mérovingienne, à ré* pandre dans les campagnes le bienfait de l'instruction. Dès le commencement du VI* siècle, un concile (celui deVaison, tenu en 529) recommandait aux prêtres ruraux de recevoir chez eux quelques jeunes gens, « pour les élever avec une tendresse paternelle , leur apprendre à lire et à écrire , et les Instruire dans la loi de Dieu. »
premier fiarta^e de la monarehle franqne (Ml).
Voici comment les quatre fils de Glovis partagèrent entre eux l'héritage de leur père *.
Thierry, le roi de Metz, eut pour son lot, outre les possessions des Francs au delà du Rhin, tout le pays situé entre la rive gauche de ce fleuve et la Meuse ; et en deçà de la Meuse, les villes et territoires de Reims, Châlons-sur-Marne , Troyes et Sens , c'est-à-dire la plus grande partie de la Champagne. En même temps, il obtint, dans l'Aquitaine, Clermont et la province d'Auvergne, avec ses annexes ordinaires, le Vélay et le Gévau-
4 . C'est une question fort difficile et fort obscure que de savoir au juste de quelle manière furent réparties entre les fils de Glovis les provinces et les cités de la Gaule f^nque. Comme, sur ce point, les annales contemporaines ne fournissent que des données vagues, incomplètes, sans suite et sans lien entre elles, la critique moderne s'est vue souvent forcée de suppléer à leur silence par des inductions tirées du rapprochement et de la comparaison des textes , quelquefois même par de simples conjectures. Nous ne pouvons donc indiquer que d'une manière approximative l'étendue et les limites des quatre royaumes francs en 5H . La même observation s'applique à ce que nous aurons à dire , dans les deux appendices suivants, des nouveaux partages qui eurent lieu en&6l et 567.
dan *; plus, les importantes cités de Rodez, de Gahors et d'Alby ».
Les États de Clodomir, dont la capitale était Orléans, comprenaient, k Test, les villes et territoires d'Auxerre et de Tonnerre, qui confinaient au royaume de Bourgogne; k Touest, la Touraine , le Maine, l'Anjou , et les trois cités de Nantes , Vannes et Rennes , limitrophes de la partie de l'Armorique restée indépendante. Au midi de la Loire , la portion occidentale du Berry (aujourd'hui le département de l'Indre) , le Bourbonnais , et, bien loin de là , sur les rives de l'Adour, la cité de Dax , appartenaient encore au roi d'Orléans.
Le roi de Paris, Childebert, reçut pour sa part, indépendamment de cette cité dont il fit sa capitale , cinq villes qui en étaient assez rapprochées , savoir : Melun, au sud-est ; Meaux , à l'est ; Compiègne et Beauvais , au nord et au nord-est ; enfin, au sud-ouest, Ëtampes, avec toute l'ancienne Beauce, c'est-à dire le pays Ghartrain, le Dunois • et le Vendômois *. Ajoutez-y la vaste province qui, sous les Romains, avait formé la Seconde Lyonnaise •. Dans l'Aquitaine , Bourges et son territoire ,
4. En 623, le Yélay et le Gévaudan, ainsi que le Ronergue, tombèrent au pouvoir des Ostrogoths. Mais dix ans plus tard , Théodebert , fils de Thierry, fit rentrer ces trois provinces sous la domination Ciranque, et, depuis lors, elles furent définitivement réunies aux possessions du royaume de Metz.
2. Le Quercy se divisait en HautrQuercy (département du Lot), capitale Cahors, et Bas-Quercy (département de Tam-et-Garonne ) , capitale Moissac, qui plus tard devait être remplacée par Montauban.
3. Chàteaudun (aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement dans le département d'Eure-et-Loir) était la capitale de ce petit pays.
4. Le Vendômois, actuellement réparti entre les départements deLoireuCher et de la Sarthe, avait pour cité principale Vendôme (chef-lieu d'arrondissement du département de Loir-et-Cher).