LIVRE II
Corruption des Églises d’Asie. — L’évêque d’Éphèse est accusé de simonie devant le synode de Constantinople. — L’Église d’Éphèse appelle Chrysostome pour la nomination d'un nouvel évêque. — Son voyage en Asie.
— Ses sévérités : il casse et réélit les évêques de treize sièges. — Histoire du magicien Gérontius, évêque de Nicomédie. — Effet de l'absence de Chrysostome sur son Église. — Sévérien de Gabales veut s'en emparer, avec l’appui de la cour. — Retour de Chrysostome et sa colère. —
Il interdit Sévérien et le chasse de son Église et de sa ville. — L’impératrice le rappelle. — Elle arrache à Chrysostome le pardon de Sévérien; scène dans l’église des Apôtres. — Chrysostomo s'explique devant le peuple ; les deux évêques se réconcilient.
L’Église d’Éphèse, celte fille bien-aimée de l’apôtre Jean, n’était plus celle de qui il disait dans son Apocalypse: « Écris à l’ange de cette église: Je connais tes œuvres, ton travail, ta patience. Je sais que tu ne supportes point les méchants, et que, souffrant pour mon nom, tu n’as point défailli1.» La communauté chrétienne d’Éphèse au vc siècle était loin de mériter cet éloge. Son ange s’était voilé la face, et les enseignements de Simon le magicien y remplaçaient les leçons de Jésus- Christ. La simonie y régnait en souveraine. Tout s’y vendait, tout s’y achetait : l’épiscopat, le sacerdoce, le diaconat; et les dons du Saint-Esprit y étaient tarifés
1. Angclo Epliesi ecclcsiæ scribe : Iîæc dicit... Scio opéra tua et laborem et patientiam tuain, et quia non potes sustinere malos... et sustinuisti propter nomen meum, et non defecisti. ApocaL S. Joann., c. ii, v. 1, 2, 3.