‹ Récits de l'histoire romaine au V. siècleChapitre 41 sur 108 · Socr., vi · texte numérisé non relu

Socr., vi

3. Cœterum Theophilus hoc audito lacrymas fudisse dicitur, cunc-

JEAN CHRYSOSTOME

tion de Nitrie et de Scété se dispersa ; un petit nombre seulement parvint à regagner l’Égypte, accablé d’amers souvenirs et de déceptions plus amères encore.

Restait l’affaire d’Héraclide d’Éphèse, qui fut introduite devant le concile à sa treizième séance. Cet évêque, choisi par Cbrysostome, avait été chassé de son siège par une émeute des Éphésiens laïques et clercs, et forcé de se cacher pour éviter un pire traitement. On accusait ce prélat joannite d’une infinité de crimes et en particulier de larcin. Un autre évêque, celui de Magnésie, nommé Macarius, se portait son accusateur, et cette cause amenait naturellement celles de toutes les églises d’Asie dans le gouvernement desquelles l’archevêque s’était si malencontreusement ingéré. Les plaignants asiatiques étaient là présents, animés de passions furieuses, et la persécution se préparait contre tous les évêques imposés par Chrysostome, lorsque survinrent à Constantinople des événements qui absorbèrent l’attention du concile , interrompirent la procédure et provoquèrent au bout de peu de jours la dissolution de l’assemblée.

La relation du concile sur la condamnation de Chrysostome étaitsous les yeux de l’empereur, qui avait donné son approbation à la décision synodale par une lettre mentionnée aux Actes; mais aucune mesure

tisque audientibus dixisse, neminem Inter sui teinporis monachos parem Ammonio exstitisse. Sozom., vm, 17.

n’était prise pour l’exécution de la sentence, Chrysostome continuait d’occuper le palais épiscopal et la basilique. Cet état d’indécision dura trois jours. L’Église de Constantinople, pendant ce temps-là , restait en proie à un désordre inexprimable. Les membres du clergé métropolitain , interdits ou non par l’archevêque, rentraient de toutes parts dans les basiliques ; les premiers le faisaient avec un air de défi insolent, mais le peuple les chassait ou désertait leurs offices1. Sous le coup du décret synodal, les évêques jusqu’alors fidèles se dispersaient peu à peu, et le triclinium fut bientôt désert. De temps en temps un officier impérial avec quelques appariteurs allait au palais épiscopal signifier à l’archevêque qu’il devait se préparer à partir; l’archevêque opposait un refus, l’officier se retirait, et l’empereur défendait d’employer la force. Réuni en masse compacte autour de la basilique et de l’archevêché, qui se reliaient l’un à l’autre par un cloître, le peuple se tenait en sentinelle, jour et nuit, balancé entre l’espérance et la crainte. Point de menaces pourtant, point de paroles outrageantes contre le prince et ses officiers : un seul cri sortait de toutes les bouches et allait retentir par intervalles jusque sous la demeure d’Àrcadius : « Nous demandons un concile général! il faut un vrai concile pour juger l’archevêque2! » C’était le mot d’ordre du peuple, c’était aussi celui de Chryso-

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