Pallad., ibid
3. Stephanum in Arabiam relegatum e custodum manibus abstractum, Isauri in Taurum dimiscrunt. ld., ibid.
JEAN CIIRYSOSTOME
science, provoque toujours les oppositions généreuses. Beaucoup de gens du inonde fort tièdes jusqu'alors dans leurs pratiques, et que ne semblait pas dévorer le •zèle des luîtes religieuses, furent indignés de la manière dont on s’y prenait pour convertir les joannites, et sympathisèrent àvec eux. Cette sainte colère, mêlée d’abord d’un peu de curiosité, les conduisit aux réunions du désert; ils bravèrent les soldats, ils bravèrent ensuite les juges, et se firent joannites pour tout de bon. Les lettres que reçut Jean Chrysostome donnaient des détails sur ces conversions de hasard, produites par la persécution. Un fait si honorable pour l’espèce humaine lui inspira même l’idée d’un livre qu’il espérait faire parvenir plus tard à ces athlètes volontaires, à ces hommes du monde devenus saints par la vertu de l’indignation, et qu’il ne craint pas d’appeler des martyrs. « On ne saurait, dit-il à ce propos, refuser le titre de martyrs à des hommes qui nonseulement ne cèdent pas aux injures, aux outrages, aux calomnies, ce qui est déjà quelque chose, mais qui envisagent sans effroi des menaces terribles, la puissance de l’empereur, le regard d’un juge irrité et l’aspect des tortures ; à ceux en un mot qui sont préparés à tout plutôt que d’entrer dans la communion de scélérats entassant crimes sur crimes1. De tels martyrs, qui scellent de leurs tourments la discipline de l’Église, consolent cette sainte mère des lâches, si nombreux qu’ils soient, qui la renient. Un seul homme qui fait la
L Et omnia facere patique maluerunt quam ut in consortium venirent eorum qui scclcra tanta patravcrant. Chrys., Scand. ch. 19.
volonté de Dieu vaut mieux que dix mille qui la trahissent. » 11 ajoute, comme un encouragement aux fidèles, ces remarquables paroles : « Si l’évêque n’est point au milieu de son peuple pour le conduire, que les brebis fassent elles-mêmes l’office de pasteur. Les timides qui en prennent prétexte pour s’abstenir des réunions manquent à un devoir de foi. Est-ce que Daniel et les Juifs captifs à Babylone avaient besoin d’un autel, d’un temple, d’un pontife, pour observer la loi de Dieu? » Un tel langage, arrivant du désert de Cucuse dans les bois ou dans les montagnes de la Tlirace, dans les retraites cachées où se rassemblaient les joannites, devait réchauffer leurs cœurs et produire de nouveaux élans d’enthousiasme et de fidélité.
Au milieu de ces nouvelles, importantes assurément pour sa cause, il y en avait une qui l’était au plus haut degré, car elle répondait à la seule espérance de justice qui lui restât : on l’informait que la convocation du concile œcuménique était enfin décidée en Occident, qu’une députation allait être envoyée, dans cette vue, par l'empereur Honorius et les Églises d’Italie à l’empereur Arcadius à Constantinople, et que la ville de Thessalonique était proposée pour siège du futur concile. On allait jusqu’à désigner les évêques occidentaux et les prêtres de Rome qui composeraient la légation, et, suivant les mêmes informations, leur départ devait être très-prochain. Ce fut une grande nouvelle pour Chrysostome, qui n’entendait guère plus parler depuis son départ pour l’exil de ce qui se passait à son sujet, soit à Rome, soit dans le reste de l’Occident. 11 sentit qu’il n’y avait pas un moment à