Sozom., VIII, 2. — Tillem., Hist, eccUs,^ t. XI, p
2. Causas acturus, atque id genus vitse suscepturus, ipse sacris scriptaris incumbere, et juxta leges Ecclesiae philosophai*!... Sozom.^ ^lu, 2« — Gonsiderans qua n laboriosum, quamque iniquum vivendi gênas eorum qui in foro versantur. Socrat., yi, 3.
giner de plus dures pratiques. Cette fiction du désert ne lui suffit pas longtemps; il lui fallut la réalité. Un grand nombre de chrétiens, tourmentés de la même passion, s'étaient alors retirés dans les montagnes voisines d'Antioche, où ils formaient comme une nation de cénobites : Jean courut les rejoindre ; mais cette demi-solitude l'eut bientôt rassasié : il n'était fait ni pour les règles vulgaires, ni pour les tempéraments de conduite.
Un jour donc il quitta son couvent pour aller vivre dans une caverne où il passa quatre années, s'abîmant dans rétude, dans la contemplation, dans des privations inouïes, mangeant à peine, et passant les nuits debout pour dompter le sommeil K Poussée avec la ténacité que Jean mettait dans ses entreprises, cette lutte de Tesprit contre le corps ruina sa santé pour jamais. Quand il se fut saturé d'isolements et d'austérités, il reparut subitement dans Antioche, où l'évêque, ravi de le retrouver, le prit comme diacre et ensuite comme prêtre. Ses premières prédications attirèrent par leur éclat l'attention de toute la chrétienté orientale. L'enfant des rhéteurs païens, orateur chrétien parla vertu du désert, apportait dans le monde, avec un savoir immense, une pensée mûrie par la méditation, sans que sa parole eût rien perdu de cette ampleur élégante et de ces vives images qui plaisaient tant aux Grecs d'Asie. Ce fut comme une apparition du génie ionien, jetant sa poussière d'or et ses fleurs sur la tribune austère des Apôtres. Chrysostome atteignit le comble de sa renommée dans les jours
1. Chrysost., ad Demetr., p. 98, 99 et seqq. — Pallad., Vit, Chrysost,, p. 41.
terribles qui suivirent la sédition d'Antioche, quand, par le charme de ses discours, il sut retenir au pied du sanctuaire, Tinstruisant, la soutenant, la consolant, une ville entière tremblante sous la colère de Théodosé.
Dans cette situation humble par le titre, élevée par les services et la gloire, Chrysostome se félicitait d'avoir su repousser les tentations de Tépiscopat, car on avait voulu le faire évêque au temps de sa retraite dans la: montagne, et il n'avait pas résisté sans quelque peine, lui-même l'avoue naïvement ^ La tentation se représenta en 397, et cette fois avec plus de succès.
L'Église de Conslantinople venait de perdre, le 17 septembre de cette année, son évêque Nectaire, qui l'avait administrée seize ans, au milieu de circonstances difficiles, sans grand éclat, maisaussi sans trouble. La vacance de ce siège était toujours un événement public, non qu'il possédât sur l'Orient, comme celui de Rome sur rOccident, une suprématie avouée, dérivant soit du consentement des autres Églises, soit d'une origine apostolique ; il exerçait une simple suprématie de fait en qualité de siège de la ville impériale, mais cette suprématie était grande. L'évêque de Constantinople occupait à la cour un rang égal à celui des premiers fonctionnaires de FEmpire, et mettait toujours un poids considérable dans les discussions de l'Église, quelquefois même dans celles de l'État. Les évêques étrangers que leurs affaires amenaient dans la métropole, reçus, hébergés chez lui, lui formaient une espèce de cour, et, de plus, sans' qu'on pût invoquer pour cette exten-