‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 109 sur 251 · Pallad., Vit, ChrysosU — Socrat., vi. — Sozom., vui · texte numérisé non relu

Pallad., Vit, ChrysosU — Socrat., vi. — Sozom., vui

l'élection, non afin d'en profiter lui-même, soit qu'il ne Tosât pas, soit qu'il se contentât du siège d'Alexandrie, qui était canoniquement la première parmi les Églises orientales; mais il demandait le siège vacant pour un de ses prêtres \ et ce par des raisons que nous ferons connaître tout à l'heure. GrAce à son influence, la plupart des évêques s'engagèrent dans cette candidature; les autres réservèrent leur liberté, désireui de sonder le terrain dans leur intérêt et de courir au besoin les chances d'une compétition.

A côté de cette cabale de prélats étrangers, une autre s'était formée dans le clergé même de Constantinople*, résolu à ne point céder la place. Qui donc en effet pouvait revendiquer la légitime possession de ce grand siège, sinon ceux qui, sous Grégoire de Nazianze et Nectaire, en avaient étudié les besoins et supporté les rudes labeurs? Ainsi s'exprimaient avec une apparente raison les prêtres et les diacres de PÉglise métropolitaine. Des brigues contraires entrèrent donc en lutte, et la ville ne présenta plus qu'un spectacle d'agitation irdente et de disputes. Dès l'aube du jour, les porti- [ues des temples, les places, les lieux de réunion et le promenade étaient occupés par les candidats et eurs amis, discourant, prêchant, travaillant à séduire 3 peuple, qui, avec le clergé et les honorés ^, devait rendre part à l'élection.

1. Summo studio laborabat... ut Isidorum, presbyterum suum, ad )iscopatum urbis regiae promoferet. Socrat., vi, 2.

2. De ordinando episcopo orta est contentio. Socrat., vi, 2. — )zoiii., viii, 2; — Pal lad., Vit. Chrysost

3. Honorati : on appelait ainsi la classe des hommes qui avaient averse les hautes fonctions publiques*

On ne négligeait aucune des honteuses manœuvres ordinaires aux candidatures électorales, promesses, grossières flatteries, basses supplications à la populace, éloge de soi et des siens, dénigrement de ses rivaux. La brigue près des honorés se faisait avec un peu plus de pudeur; on allait frapper humblement aux portes des gens en crédit, on se glissait chez eux à Taide de présents destinés à faciliter les audiences ou à corrompre les gardiens : l'un offrait quelque rareté d'Egypte ou quelque statue de la Grèce, Fautre apportait de la soie de l'Inde ou des parfums de T Arabie ; des sommes d'argent furent même distribuées \ Heureux qui pouvait se procurer Tappui d'une noble matrone ou le patronage d'un oflBcier du palais!

Tant de compétitions se formèrent, tant de factions se combattirent, qu'il fut impossible de procéder à Télection pendant quatre mois entiers. Sans atteindre à la gravité des désordres de Rome lors de la promotion du pape Damase, quand les électeurs, après une bataille rangée, laissèrent cent trente-sept cadavres sur le pavé de l'église, le spectacle donné à Constantinople n'en était ni moins affligeant ni moins honteux. Le peuple fut le premier à en rougir, et, trouvant que ces ambitieux qui se déclaraient les uns les autres indignes de l'épiscopat avaient tous également raison, il résolut de s'en remettre à l'Empereur pour faire choix d'un véritable évêque, qui répondît par le caractère et les talents à la grandeur de sa mission. Ce vœu du peuple, délibéré en place publique, fut porté au

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