Symmach., Ep., v
pacifique et modéré ne sut guère inspirer la muse passionnée du poète : elle se trouvait plus à Taise devant Tennemi de Stilicou.
Tandis que la ville de Rome, aux calendes de janvier 399, célébrait l'entrée en charge d'un seul consul, une cérémonie semblable ou plutôt une parodie des grandeurs romaines avait lieu le même jour, ù la même heure, dans les murs de Gonstantlnople. Eutrope, vêtu du manteau à larges pahnes, venait s'asseoir au foyer des césars; le sénat l'entourait, tout ce que l'Empire avait de plus illustre, le genou fléchi devant cet esclave, se disputait l'honneur de baiser sa main; les plus favorisés venaient appliquer leurs lèvres sur ses joues ridées et difl*ormes^ On rappelait le soutien des lois, le sauveur de la patrie, le père du prince*. Eutrope avait voulu que les portes du palais fussent ouvertes, comme si cette demeure eût été la sienne, et une foule immense s'y précipita, faisant retentir les galeries de marbre de ses cris d'impatience mêlés à mille railleries. Enfin le cortège se met en niarche : — du palais il se rend à la curie de Constantin, réservée pour l'inauguration des consuls, puis au forum voisin, dont l'enceinte circulaire était formée de deux portiques superposés. Eutrope traverse cette vaste place que décorent des marbres de toutes couleurs, des statues,