‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 134 sur 251 · Maxima pccunia corrupto Florcntio. Zosim., y · texte numérisé non relu

Maxima pccunia corrupto Florcntio. Zosim., y

dëjà loin quand le jour p.irut, et ils atteignirent la Pamphylie en suivant le cours de TEurymédon.

Pendant cette marche des Barbares, Léon s'était mis à leur poursuite, et il arriva presque en même temps qu'eux aux défilés du mont Taurus. 11 franchit celte chaîne sur leurs derrières, et les deux armées se trouvèrent bientôt en présence dans la vaste plaine où coulent TEurymédon et le Mêlas, et que ferment au nord les derniers contre-forts de la montagne, au midi le golfe de Pamphylie. Elles y manœuvrèrent durant plusieurs jours, Tribigilde évitant une bataille décisive, Léon cherchant à l'acculer le long du golfe pour finir la guerre par un seul combat. Dans celte situation, d'ailleurs fort critique, le chef gruthonge ne manqua ni de sang-froid ni de ruse. Étudiant par des mouvements simulés les dispositions de son ennemi, il feint * un découragementquiaccroît la confiance des Romains^: sûrs de vaincre, ceux-ci se contentent de le bloquer contre la mer, en attendant qu'il leur plaise de l'y rejeter avjec toutes ses forces. Quant à Léon, en dépit des précautions les plus vulgaires, il va adosser son camp àun marais qui peut lui couper la retraite, tandis qu'il se fortifie à peine du côté des Barbares, soit ignorance clu général, soit plutôt indiscipline du soldat et refus d'exécuter les travaux de défense. A l'intérieur règne woe anarchie sans nom : on ne connaît ni gardes ni sentinelles; les soldats courent librement la campagne, ^^ passent la nuit à jouer et à boire.

^^ Targibildiis simularc fugam, flatiisque Leonis

Spc nulrirc levés

Claud., in Eutr., ii, y. 432 et seqq.

Tribigilde, aux aguets, épiait le moment favorable pour une attaque. En effet, par une nuit obscure, il approche à pas de loup, franchit un rempart mal gardé, et lance son armée sur le camp ennemi. Les Barbares n'ont d'autre peine que d'égorger des gens surpris ou endormis dans l'ivresse. Les Romains qui parviennent à s'échapper rencontrent le marais, qui leur barre le chemin; ils essayent inutilement de le traverser et vont s'entasser par monceaux dans la vase^

Léon, entraîné par le courant des fuyards, arrive lui-même au bord de ces marécages, dont le sol défoncé ne présente puisqu'une boue liquide; il y pousse, au milieu desténèbres, son cheval couvert de sueur. L'animal nage d'abord courageusement, puis, écrasé sous le poids de son cavalier, il fléchit et tombe dans un basfond. Léon se dégage comme il peut; il rampe sur son ventre*; mais plus il s'agite, plus il enfonce, et sa lourde masse disparaît enûn sous les eaux. Au point du jour, on reti*ouva son cadavre, et on connut les vains efforts qu'il avait faits pour se sauver. Quoique en réalité il ne fût pas méchant, sa mort excita plus de rires que de pitié : un si joyeux compagnon semblait mériter une fin moins tragique. Le lendemain, Tribigilde était maître de toute l'Asie Mineure, et les soldats romains, en pleine déroute, regagnaient par tous les chemins possibles le voisinage du Bosphore.

1. Âst alios vicina palus sine more rucntcs Excipit Claud., in Eutr., ii, v. 438, 439.

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