Uxorem romanam expetivit. Eunap., Fragm
3. Nations quidem Barbarum , sed csetera Grsecum , non indolo dumtaxat et moribus, verum etiam instituto animi... Zosim., v, 20»
2liS RÉCITS DE L'HISTOIRE ROMAINE
compatriotes, mais païen , affilié aux doctrines de ce polythéisme philosophique né du mélange des idées platoniciennes avec l'ancien culte national de la Grèce.- En un mot, Fravitta, converti peut-être par sa femme, était hellène, hellène convaincu et fervent. On rapporte que plus tard l'Empereur, voulant l'élever à de grandes dignités, en récompense de ses services, l'engageait à se faire chrétien : Fravitla s'y refusa. « Que veui-ta donc que je te donne? lui dit l'Empereur, contrarié de son refus. — Rien, répondit le païen avec calme, sinon le droit d'adorer Dieu à ma mode^ » Son opiniâtreté n'empêcha point qu'il ne fût consul l'année suivante. Ce Romain de Gothie, qui savait faire revivre dans les armées de l'Empire l'ancienne discipline, se signala par des succès dès le début de la campagne. Laissant Gainas exhaler sa fougue en vaines fanfaronnades et le battant chaque jour en détail, il l'obligea de quitter les abords de Constantinople et bientôt la longue muraille. Par une manœuvre qu'on ne comprend pas bien, celui-ci voulut gagner la Chersonèse pour se rejeter en Asie; mais Fravitta, non moins habile sur mer que sur terre, l'assaillit au passage de l'Hellespont, culbuta sa flotte et noya une partie de son armée. Les bandes découragées se dispersèrent alors, et Gainas gagna l'autre versant de l'Hémus pour tâcher de ranimer la guerre dans les provinces riveraines du Danube : Fravitta l'y suivit. Aidé des paysans daces et mésiens, qui se joignirent aux troupes impériales, il
1. Nec enim pudebat eum, ipso quoque audiente principe, fSiUeri se ritu patrîo deos Teuerari ot colère. Zoslm., y, 21.
déjoua tous ses efforts, détruisit ses dernières ressources et le pourchassa lui-même de canton en canton.
Désespéré, hors de sens, et d'ailleurs sur le point d'être pris, Gaïnas se fit amener des captifs romains qu'il traînait avec lui dans sa fuite, — le comte Jean et ses deux compagnons n'étaient pas du nombre, heureusement pour eux, — les poignarda de sa main% et, lançant son cheval à travers le Danube, il atteignit avec quelques Goths fidèles les gorges des Carpathes, où il se cacha. Son projet, dit-on, était de retourner dans la patrie de ses ancêtres sur les bords du Pruth ou du Borjsthène, et d'y achever tranquillement ses jours. Cette fin si différente de sa vie ne lui fut pas accordée. Les Huns occupaient alors l'ancienne terre des Goths, et leur roi Uldin recherchait l'alliance des Romains. Informé de la présence de leur ennemi au nord du Danube, il le fit traquer de caverne en caverne comme une bête fauve, le prit, le tua et envoya sa tête à Constantinople en témoignage de bonne amitié ^ Solidement plantée au bout d'une lance, la tête de l'ancien généralissime des milices d'Orient arriva dans la ville impériale le 3 janvier de Tannée 401 ; elle put presque assister à l'entrée en charge du consul Fravitta et au triomphe d'Eudoxie, proclamée solennellement Auguste.
Ainsi donc des quatre personnages qui, après la mort de Théodose, s'étaient promis le gouvernement du monde romain, des quatre acteurs principaux du drame sanglant de l'Hebdomon, un seul restait,