‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 146 sur 251 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Séiène, son enfance, son caractère : elle épouse Stilicon. — Euchérius et Pladdie. — Mariage d'Honorius : les noces d'un Empereur d'Occident au IV» siècle. — Régence de Stilicon. — Parti de l'unité cath oiquo ou de la maison de Théodose, et parti de la liberté religieuse, ou de l'aristocratie latine. — Le régent cherche l'apaisement de ces partis : son attitude vis-àvis du clergé et du Sénat. — Stilicon consul. — Claudien chante les Louanifes de Stilicon. — Stilicon et Âlaric se préparent à la guerre. — iDSturection de Rhétie.

ZiOi

La latte qui depuis la mort de Théodose divisait les deux moitiés du monde romain avait été favorable à rOocident en assurant sa tranquillité intérieure et la régence de Stilicon. L'ennemi de Rufin et d'Eutrope étaitdevenu pour l'Italie un homme nécessaire et presque sacré. Les partis se taisaient devant lui, les intrigues de cour devant Sérène, sa femme, et Honorius semblait accepter une tutelle dont la fin d'ailleurs était proche. Pour tout dire en un mot, Stilicon régnait dans TEmpire, Sérène dans le palais.

Nous avons esquissé en passant quelques traits de cette femme, dont le rôle doit grandir, avec les événe-

ments, dans le cours de nos récits : Tinstant est venu de la faire connaître plus complètement.

Sérône, ainsi que nous l'avons dit, était fille d'un frère aîné de Tliéodose, appelé Honorius, comme le futur Empereur d'Occident ^ Cette famille espagnole, originaire d'Italica, établie en Galice, s'était illustrée par des gloires militaires récentes et prétendait à de plus anciennes, car elle revendiquait Trajan parmi ses ancêtres^ Sœur puînée d'une autre fille nommée Thermantia, Sérène fut dès le berceau l'objet de prédilections qui s'adressent plus ordinairement aux aînés; c'était à qui la caresserait et l'aimerait davantage. Théodose, qui n'était point encore marié, se plaisait à jouer avec elle, et souvent il l'emportait furtivement dans ses bras, comme s'il eût voulu la dérober à son frère*. Ces petites scènes d'affection domestique donnèrent lieu à un incident étrange que nous rapporterons ici comme un exemple des mœurs superstitieuses du temps, môme chez les chrétiens les plus éclairés et les plus honnêtes.

Sept ou huit ans après la naissance de Sérène, c'est-à-dire vers 374, Valens, qui gouvernait TOrient, eut vent d'une consultation magique faite dans la pensée de connaître le nom de son successeur. Ces dangereuses curiosités n'étaient pas rares dans ce siècle de

1. Sercna filia erat Honorii, qui Theodosii frater fuit. Zosim., t,4.

2. Oriundum ex oppido Hispanicœ Gallœciae Cauca. Zosim., iv, 24. — Ex Italica. Marccll. Com. , Chron. — Originem a principe Trajano trahens. Aur. Victor, Epit,, 48.

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