‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 151 sur 251 · Alii funalibus ordine ductis · texte numérisé non relu

Alii funalibus ordine ductis

Plurima venturœ suspendite lumina nocti...

Oaud., de Nupt. Honorii, v. 206, 207.

Des servants jonchent le seuil débranches de myrte, d'autres répandent à larges flots les eaux de senteur sur les tapis et les marbres; on brûle par monceaux les parfums d'Arabie; la pourpre de Sidon, la soie, les tissus précieux jonchent le sol ; enfin les plus habUes ouvriers épuisent leur art à disposer le lit conjugal. Le poète aussi s'arrête complaisamment à le décrire. Sur des colonnes émaillées de fraîches couleurs repose le dais, assemblage éblouissant de pierreries. Le lit est chargé des plus fines et des plus rares étoflfes; tout alentour, sur Tivoire, sur le bois, sur les parois de la chambre, sont merveilleusement groupées en faisceaux les riches dépouilles rapportées par Théodose et Stilicon de leurs guerres dans le monde entier. Chaque peuple vaincu y figure pour sa part : ici le Maure, là l'Éthiopien ; plus loin les présents envoyés des bords du Tigre, quand la Perse suppliante acheta la paix des Romains. « La couche nuptiale, dit le poëte, s'élève comme un dépôt des trésors de la victoire : on y lit les triomphes de l'Empire \ »

Un autre spectacle nous appelle dans le camp des légions sur les pas du poète. L'austère appareil des armes a fait place à celui des fêtes : on pare les drapeaux de fleurs, on cache les lances sous le feuillage. Plus de hiérarchie ni de discipline, les rangs sont confondus, les sentinelles elles-mêmes désertent leurs postes pour prendre part à la joie commune, des amphores distribuées dans les tentes enivrent déjà les guer-

Page 1