‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 164 sur 251 · Alaricum cunctamque Gothorum geniçm pro pace optima et · texte numérisé non relu

Alaricum cunctamque Gothorum geniçm pro pace optima et

Alaric, de son côté, préparait la guerre, tout en négociant. On apprit qu'il faisait d'immenses approrisionnements d'armes et de vivres en Épire et en Thessalie, et qu'il achevait de ruiner le pays : c'étaient ses adieux. Il descendit alors en Pannonie par les Alpes dardaniennes, soit pour s'entendre avec le partisan Gaïnas s'il tenait encore, soit pour renforcer son armée de tous les bras barbares sans emploi daùs la vallée du Danube^ Il était trop tard quant à Gaïnas lui-même, dont la tête fut apportée à Oonstantinople le 3 janvier de Tannée 401 ; mais la dispersion de ses bandes laissait disponible un nombre immense d'aventuriers qui accoururent près d' Alaric. Le séjour du roi goth en Pannonie lui servit encore à exciter les Barbares du haut Danube, qui se jetèrent en armes dans les plaines du Norique et de la Vindélicie, poussant devant eux les montagnards des Alpes rhétiennes, et bientôt les garnisons romaines, assaillies de toutes parts, restèrent prisonnières dans leurs châteaux.

L'idée d' Alaric était de créer du côté des Alpes occidentales une diversion à sa marche par les Alpes orientales, d'envelopper Milan dans le réseau d'une double irruption, et de diviser les forces romaines. En effet, la guerre éclata subitement en Réthie au printemps de l'année 401 , prenant Fltalie au dépourvu, Stilicon y fit passer d'urgence une partie des légions cantonnées autour de lui. Il envoya de même aux gouverneurs

quibuscunquc sedibus suppliciter ac simpliciter orantem, occnlto fœdcre fovens, publiée autemetbelli et pacis copia negata, ad tenendam terrendàmquc rempublicam reservavit. Oros., vu, 38.

1. Sumpto exercitu per Pannonias... Jornand., de Reb, GtU, 29.

militaires de la Gaule Tordre d'expédier sans délai ce qu'il restait de troupes valides soit dans les camps du Rhin, soit en Bretagne, afin d'attaquer le Norique à revers et d'étouffer rapidement l'insurrection. En^ attendant, il prescrivit la réparation des murailles de Borne, à peine entretenues depuis des siècles; il en agrandit même l'enceinte, ou du moins il y ajouta de nouveaux ouvrages sur les points les plus faibles. Le temps nous a conservé l'inscription qui constate ces grands travaux, lesquels, y est-il dit, « furent exécutés par les conseils de Stilicon* ». A l'exemple de la Ville éternelle, les autres cités de l'Italie se hâtèrent de réparer les brèches de leurs murailles, et de mettre en état leurs remparts, et Ravenne probablement aussi reçut alors des fortifications capables d'en faire, si la nécessité le voulait, un refuge pour Tadministration impériale et l'Empereur.

1. LMnscrîption suivante fut placée au-dessus de la porte appelée Porktensis^ an delà du Tibre :

« Ob instaurâtes urbi seternss mures, portas ac turres, egcstis immensis ruderibus, ex suggestione V. C. et illustris militis, et magistri ntrinsque militise, Steliconis, ad perpetuitatem nominis, etc. » Lo nom de Stilicon est efface.

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