DÉFAITE D'ALARIC A POLLENTIA. — MORT DE STILICON
Terreurs superstitieuses et fuite do la société romaine à la nouvelle de l'iosur* rection de Rhétie. — Stilicon réduit la révolte. — Marche d'Alaric sorliilin: il se retire et ravage la Vénétie. — Honorius à Ravonne. — Un conseil de guerre dans le camp goth. — Défaite d'Alaric à PoUentia. — Stilicon est proclamé sauveur de la patrie. — Entrée triomphale d'Honorios i Rome. — Les Huns envahissent l'Italie et sont battus à Fésulcs : mort de Radagaise. — Perte de la Gaule. — Invasion des Alains. — Les partis se liguent conte Stilicon, on l'accuse de livrer l'Empire aux Barbares. — Olympia*. — Alaric fédéré de l'Empire d'Occident. — Mort d'Arcadius. — Théodosall.— Pillage de Pavie. — Stilicon est mis à mort à Ravenne par ordre d'Hononu*
La guerre soudaine qui venait d'éclater presque en Italie et les mesures extrêmes prises par Stilicon produisirent une épouvante générale. Fortifier Rome! Rome était donc en danger ; elle allait être prise, détruite : c'en était fait de TEmpirel c'en était fait du genre humain! On récapitulait alors tous les présages qui depuis un an révélaient aux plus aveugles la fatale catastrophe : pluies de pierres et de sang, forêts embrasées spontanément, éclats de foudre, éclipses de soleil et de lune, rien n'avait manqué aux avertissements du ciel^ Un
i. Atque hoc, ait, portendisse stellam qu» instar gladii apparue* ^ rat. Pbilostorg., xi, 7. ~ Glaud., da Bell. Getic^ v. 227 et seqq.
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essaim d'abeilles s'était abattu sur l'étendard d'une légion pour y bâtir ses alvéoles, signe évident de la défaite des arméesromaines et du morcellement de FEmpire, en proie à la multitude des nations. Tout récemment enfin n'avait-on pas vu une comète, partie de la constellation de Céphée, aux limites de l'orient, aller s'éteindre au nord, entre la Grande-Ourse et le Bouvier, au-dessus de la contrée des Goths, traçant ainsi, comme un flambeau funèbre, la route que devait suivre Alaric?
Un dernier fait, étrange assurément et assez peu croyable, quoique personne n'en doutât alors, se passa près de Milan, sous les yeux mêmes d'Honorius, et mit le comble aux terreurs superstitieuses. Le jeune prince, accompagné d'une escorte, exerçait ses chevaux à quelque distance de la ville quand deux loups furieux débouchèrent d'un bois et se précipitèrent sur les chevaux. On les cerna, on les tua à coups d'épieux et de lances, mais de leurs flancs entr'ouverts sortirent, dit-on, deux mains d'homme fraîchement tranchées et encore palpitantes. « Présage funeste ! s'écrièrent les uns :1a louve, nourrice de Romulus, expire aux pieds de l'Empereur I — Non, non, répondaient les autres : ces loups représentent les Barbares repus de sang romain : ils viennent tomber sous nos coups : que le présage soit exaucé M »
Ainsi les conjectures se combattaient, et la crédulité se tourmentait de ses propres rêves. On ne manqua pas de rappeler àceproposl'auspicede Rome naissante,