‹ Récits de l'histoire romaine au Ve siècleChapitre 166 sur 251 · Malus interpres rerum metus omne trahebat · texte numérisé non relu

Malus interpres rerum metus omne trahebat

Auguriam pejore via, truncataque membra, Nutricemque lupam, Romse regnoque minari. Claud.^ de Bell, Getic,^ v. 258 et seqq.

les douze vautours observés par Romulus sur le mont Palatin, et rexplication donnée par l'aruspice toscan que ces douze vautours présageaient à la ville douze siècles de durée. Or le xir siècle n'était encore qu'à son milieu. Là-dessus les opinions se divisaient ; on calculait, on supputait les années de la Ville éternelle, chacun suivant sa clironologie, et pour donner raison à la peur, nous dit le contemporain de qui nous tenons ces détails, a on abrégeait le vol d'un vautour ^ » Les hommes d'élite parmi les chrétiens, car le vulgaire est le même partout, souriaient dédaigneusement à cette agitation de la société païenne. « Laissez là vos fables, répétaientils; Rome périra si Dieu le veut, et, s'il ne le veut pas, elle restera debout. Quand Dieu décrétera sa ruine, c'est qu'elle aura comblé la mesure des crimes. » Ils ne ménageaient pas plus les eflForts du patriotisme que les frayeurs delà superstition. Ils disaient aux citoyens qui réparaient leurs murailles : « Dieu seul est un rempart et une garde; priez-le, invoquez les saints, cela vaudra mieux que vos citadelles. Les murs de Jéricho étaient neufs et solides : ils ont croulé au premier sod d'une troalpctte^ » Telle était l'attitude mutuelle des

i. Tune reputant annos, înterceptoque volatu

Vulturis, incidunt pi*operatis ssecula métis.

Claud., de Bell Getic, v. 265, 266.

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