Nunc opus adjutorc Deo, solusque timendus
Ips6 intra muros turris tibi, qui sine mûris
Murus erit
....... Fidant legionibus illi,
Perfugioque parent reparatis mœnia mûris, Nulla salutiferi quibus est fiducia Christ! : Nos crucis invictse signum et confessio munit.
Paulin. , Poemata, xxvi, v. 103 et scqq*
DÉFAITE D'ALARIC A POLLENTIA 289
deux sociétés : d'un côté la peur, mais un reste d'énergie,.de l'autre le mépris des choses du monde et une résignation désolanteaux humiliations et aux souffrances.
La haute société romaine surtout présenta, dans ces jours de découragement, un spectacle douloureux : à Rome, comme ailleurs, elle ne songeait qu'à la fuite. On ne vit bientôt plus qu'apprêts de départ, voitures de bagages sillonnant les routes, navires frétés dans les ports; chacun laissait sa maison, ses biens, pour se réfugier en Sardaigne, en Corse, en Sicile, sur unécueil même; on bravait la mer et les vents, pourvu qu'on fût loin de l'Italie. Cette désertion des riches mécontenta le peuple, et il y eut une émeute dans Rome. Honorius n'avait pas été le dernier à se ranger à ce lâche projet. D'indignes conseillers lui proposaient d'emmener une partie de l'armée en Gaule, et d'y installer le gouvernement, soit à Lyon, soit à Arles. Le plan fut arrêté secrètement, et l'exécution se préparait, lorsque Stilicon se jeta en travers avec le mépris d'un soldat et Tindignalion d'Un vrai Romain. Claudien, qui nous peint cette scène sans rien dissimuler, nous rapporte au moins le sens des paroles échappées au régent dans sa généreuse colère.
On avait fait sonner bien haut le danger des femmes et des enfants exposés aux outrages de l'ennemi: « Mais moi, s'écria-t-il, suis-je donc un homme dénaturé? N'ai-je pas aussi une femme, des enfants, qui me sont plus chers que tout au monde« ou plutôt qui sont ma vie elle-même? Eh bien, ils resteront près de moi, je les conûe à Rome, quoi qu'il arrive ; vainqueurs ou
yaincus, nous ne nous quitterons points » Ce projet de départ ne lui semblait pas seulement une lâcheté, mais une trahison. « Quoil disait-il, on oserait priver la patrie des bras qui la protègent! L'Empereur commanderait la désertion de nos légions ! Il abandonnerait la terre sacrée du Latium pour aller quêter un asile aux bords de la Saône! On verrait — quel spectacle — le siège de l'Empire Romain près du Rhône, et Rome aux mains des Barbares! Et cet Empire sans tète, vous croyez qu'il pourrait subsister*? Non, non, les lâches sanglots et les vœux superflus ne calment point la tempête; les gémissements des matelots ne sauvent point le vaisseau qui va périr... Mais reprenez courage, que tous les bras agissent ensemble, que l'équipage se réunisse au pilote dans un commun effort, et nous sommes sauvés : aux voiles ! aux cordages ! aux mâts ! Point de désertion ni de discorde! Osons combattre, nous serons vainqueurs. Ce n'est pas la première fois que les Cimbres et les Teutons auront engraissé les champs de la Ligurie. » L'attitude de Stilicon effraya sans doute, autant que ses paroles, le pupille et les conseillers du pupille; les instigateurs de fuite se turent, et, suivant l'expression du poète historien de la scène, « l'Empe-