Hic conjux, hic progenies, hic carior omni
Luce gcner : pars nuUa mei subducta procellse.
Claud. , de Bell. Getic. , v. 308, 309. '2. Scilicet Ârctois concessa gentibus urbe,
Gonfidet regnum Rhodano, capitique superstes Trauncus erit?...
Glaud., de Bell, Getic, v. 299 et seqq.
DÉFAITE D'ALARIC A POLLENTIA 291
reur resta comme un otage des destinées de ritalie^» Cependant Alaric, ayant renouvelé son armée, s'était mis en marche par la vallée de la Save, afin d'atteindre Tltalie avant l'arrivée des grands froids, car on était alors à la fin de l'automne. Le chemin qu'il suivait était la route d'étapes des légions de Sirmium à Aquilée, ligne principale de communication entre Gonstantinople et Rome : elle passait par les villes d'Émone et Nauport, aujourd'hui Laybach et Ober-Laybach , pour aboutir au pied méridional des Alpes dans les prairies de l'Isonzo^ Avec la guerre de Rhétle, qui se prolongeait, Stilicon ne pouvait se porter au-devant d' Alaric, et l'attendre sur le grand champ de bataille des Alpes juliennes, aux bords de la Rivière- Froide : une partie de son armée était absente, et il ne voulait pas laisser derrière lui Milan exposé à un coup de main. Par une de ces décisions rapides qui s'alliaient dans son génie aux calculs de la prudence et de la méthode, il résolut d'aller en personne finir cette malencontreuse guerre de Rhétie et ramener ses troupes, se flattant d'avoir tout achevé avant que les Goths eussent atteint la Vénétie, ou du moins qu'ils en fussent sortis.
Le régent donna des ordres pour que Milan, où l'Empereur était renfermé, fût mis en bon état de défense et reçût une forte garnison; puis il gagna précipitamment le lac de Gôme, qu'il traversa sur une barque
1 Tan toque sui stelit obside fatî.
Claud., de BelU Getic,^ v. 318.
2. Per Sirmîum dextro latere quasi viris vacuam intravit Italiam, Jora., de Reb* Get.^ 29.
avec quelques compagnons. Au pied de la montagne, il prit un sentier plus raide et plus difficile que la route ordinaire, mais qui conduisait plus promptement au but de son voyage. Un froid précoce couvrait de neige cette partie des Alpes, et la route n'était pas sans danger : Stilicon pourtant s'y aventure à cheval, presque seul, sans provisions, mangeant ce qu'il trouve, et s'abritant la nuit tantôt dans une caverne , tantôt sous le , chaume d'un pasteur^ Son apparition miraculeuse exalte le courage des légions; mais ce n'est pas tout : il veut voir lui-même les bandes ennemies, se présenter à elles, les gagner à sa cause. Des Barbares qui les composaient, les uns avaient fait la guerre sous lui comme fédérés; il avait combattu les autres comme général : tous le connaissaient. Pour ceux-là il était le Romain Stilicon; pour ceux-ci Stilicon le Vandale, le premier, le plus grand des Barbares. A son approche en effet ils déposent les armes. Stilicon les leur rend. « Venez avec moi, leur dit-il, et soyez soldats de l'Empire. )) L'argent distribué à propos aide à la séduction de ses paroles. Il choisît dans ses ennemis de la veille les plus braves et les mieux disposés, et les incorpore à ses troupes. Les légions de la Gaule étaient arrivées depuis peu. 11 compose de tous ces éléments une bonne et forte armée, à laquelle il ordonne de le suivre; puis, prenant les devants avec un gros de cavaliers, il redescend la montagne parla route qui longeait le côté oriental du lac de Gôme et la rive gauche de l'Adda.